Mairie: Serge Lévesque quitte avec le sentiment du devoir accompli

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Par Fanny Lévesque
Mairie: Serge Lévesque quitte avec le sentiment du devoir accompli

Le maire sortant de la Ville de Sept-Îles, Serge Lévesque, ressort satisfait des quatre années passées à la tête de la municipalité de quelque 27 000 habitants. Celui qui, en 2009 avait fait de la pénurie de logements son cheval de bataille, quitte avec le sentiment du devoir accompli avec la création de 581 nouveaux logements sous sa gouverne. Serge Lévesque laisse à son successeur une ville en santé, dont l’un des principaux défis sera le retour de l’harmonie au conseil municipal.

Serge Lévesque a pris la barre de Sept-Îles en 2009, alors que le Plan Nord de Jean Charest laissait présager un avenir économique florissant dans la région. «Le Plan Nord s’est précisé en 2011, mais c’était en arrière-plan de notre réflexion, se souvient M. Lévesque. Disons que ça nous a influencés positivement à assurer que Sept-Îles prenne sa place sur l’échiquier.»

Entre autres pour se préparer au développement, le problème le plus imminent qui se posait devant la nouvelle administration était celui du logement. Avec la création de 581 nouveaux logements en quatre ans, le maire sortant est satisfait du travail accompli. «Nous avons investi nos efforts dans le développement de terrains pour rendre la construction réalisable (…) Nous avons aussi mis en place différents incitatifs pour rendre plus intéressante, la construction de logements locatifs», a fait valoir M. Lévesque.

Conscient qu’il reste encore du travail à faire, Serge Lévesque espère que les programmes que son administration a mis en place, comme celui d’offrir un congé de taxes foncières pour les projets immobiliers de 50 logements et plus, seront reconduits par le nouveau conseil.

Il faut aussi continuer de travailler avec les promoteurs qui mirent des projets résidentiels, comme celui du parc Ferland, qui s’accompagne du développement de 200 terrains, selon le maire sortant. La Ville devra aussi faire les représentations nécessaires pour que la Société canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL) exige des mises de fonds réalistes pour les promoteurs en régions éloignées.

Prudence
Malgré le Klondike anticipé à l’époque, Serge Lévesque se félicite d’avoir géré le développement municipal avec prudence, dans «le respect de la capacité des citoyens à payer.» En 2009-2010, la liste de projets en gestation était impressionnante, se rappelle-t-il. «Sept-Îles devait être le point de convergence, on aurait pu tomber dans le panneau du développement rapide, mais on l’a fait en réfléchissant.»

À son avis, quatre ans plus tard, cette prudence aura servi les citoyens. «Notre niveau d’endettement se situe à 66 millions $, ce qui est acceptable, a expliqué M. Lévesque. Compte tenu de notre richesse foncière, qui est évaluée à 2,6 milliards $, nous avons une capacité d’emprunt qui est bonne et qui nous offre une marge de manœuvre raisonnable pour le futur.»

Transparence
Au cours de son mandat, Serge Lévesque se targue d’avoir augmenté la transparence de l’appareil municipal, notamment grâce à son ouverture avec les médias, ou avec les citoyens. «La porte de mon bureau a toujours été ouverte», souligne-t-il. M. Lévesque consent néanmoins qu’il est impossible d’atteindre la perfection. Il faut rappeler que la Ville, qui avait choisi d’interrompre la télédiffusion des séances municipales, a fait volte-face compte tenu de la réaction négative de la population.

«Ça faisait suite à des comportements inacceptables, c’était devenu indécent. Nous croyions que le public méritait plus que ça, explique-t-il. Mais, le risque était plutôt que la décision soit interprétée comme de la censure mal placée et nous sommes revenus sur notre décision.»

Plus grand défi
Au cours de son mandat, le plus grand défi auquel a fait face M. Lévesque reste tout le dossier de l’affaissement des sols dans le secteur du haut Sainte-Famille. «C’est certainement la pire chose qui a pu arriver, raconte-t-il. Ç’a été difficile sur le plan technique, mais ça l’a été tout autant au niveau du facteur humain. Ça nous a forcés à prendre 100% des responsabilités en sachant que ça allait coûter de gros sous. Nous avons montré notre bonne foi aux citoyens impliqués. Ç’a été un exercice de logistique assez remarquable», ajoute-t-il.

Par ailleurs, la Ville de Sept-Îles et la firme responsable de la réalisation de l’étude des sols dans ce secteur se trouvent toujours devant les tribunaux. Le déplacement des dizaines de maisons aura coûté environ 15 millions $ à la municipalité.

Mine Arnaud
Le controversé projet d’exploitation d’une mine d’apatite à Sept-Îles aura également fait couler beaucoup d’encre vers la fin du mandat de M. Lévesque. Le maire sortant espère que Québec jette rapidement les bases de l’acceptabilité sociale. Pour la suite, la Ville aura à s’assurer que les normes en matière de qualité de l’air et de l’eau soient respectées. «Je pense qu’on a pris nos responsabilités pour que la qualité de vie des citoyens ne soit pas mise en danger», indique-t-il.

Maintenant, la municipalité espère que Mine Arnaud changera le tracé de sa route d’accès pour le faire passer dans son parc industriel, et ainsi réduire l’achalandage de la route 138 dans le secteur.

Un souhait pour l’avenir
Serge Lévesque, qui entend profiter des prochaines années pour prendre du bon temps avec sa famille et ses petits-enfants, espère que le prochain conseil municipal travaillera dans l’harmonie. «Il faut aussi que les citoyens puissent profiter de la meilleure qualité possible des services», a-t-il rappelé.

Pour l’heure, Serge Lévesque joint le conseil d’administration du Centre de santé et des services sociaux de Sept-Îles, où il espère mettre son expertise dans le domaine des finances, au profit de l’établissement de santé, qui jongle avec un déficit budgétaire.

(Photo : archives – Le Nord-Côtier)

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