Maintien de la prime de 8%: «Une pression énorme qui disparait»

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Par Éditions Nordiques
Maintien de la prime de 8%: «Une pression énorme qui disparait»

L’annonce du maintien, vendredi, par le gouvernement du Québec de la prime de rétention de 8% aux travailleurs de l’État de Sept-Îles et Port-Cartier a été accueillie avec soulagement dans la région. Une nouvelle offre patronale a été présentée aux syndicats de la fonction publique québécoise dans le cadre du renouvellement des conventions collectives, échues depuis le 31 mars.

Le gouvernement offre toujours, globalement, une augmentation de salaire de 3% sur cinq ans, ce qui a toujours été jugé insuffisant par les employés de l’État. Les syndicats de la fonction publique ont d’ailleurs rejeté cette nouvelle offre peu de temps après qu’elle ait été présentée aux tables de négociation. Les grèves rotatives des 12 et 13 novembre sont donc maintenues.

Les salaires n’évolueront toutefois pas de la même façon pour tous les travailleurs selon le principe de «relativité salariale» développé par le Conseil du trésor. Certains travailleurs pourraient augmenter considérablement leur revenu, alors que d’autres auraient une baisse de salaire.

Sur la Côte-Nord, les employés de l’État de Sept-Îles et Port-Cartier auront toujours droit à la prime de rétention de 8% que le gouvernement suggérait auparavant d’abolir. Les membres de la CSN «se réjouit de la volonté du gouvernement du Québec de maintenir la prime de rétention de 8% pour ses employés de Sept-Îles et Port-Cartier».

«Ce matin, c’est une pression énorme qui disparait pour 2500 personnes de la région. On commence enfin notre négociation sur un pied d’égalité avec le reste des salariés de la province», a mentionné Sylvain Tremblay, vice-président aux litiges du Syndicat des techniciens et des professionnels de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord.

La vigile a porté ses fruits
Selon M. Tremblay, la vigile des syndiqués de la région devant l’Assemblée nationale et la rencontre avec le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, au début du mois d’octobre, a porté fruit. «Lors de cet entretien, le président du Conseil du trésor avait semblé ébranlé par les explications des porte-paroles de la vigile», affirme la CSN.

Lors de cette vigile, les représentants syndicaux ont pu rencontrer Martin Coiteux durant 45 minutes, ce qui est «assez rare», selon le président du conseil central de la CSN Côte-Nord, Guillaume Tremblay, qui a participé à cette rencontre. «Même les porte-paroles du front commun syndical ont rarement eu cette opportunité», continue-t-il. Lors de cette vigile, «on a été capable de mettre sur la place publique et sur la colline parlementaire les impacts du retrait de la prime», mentionne M. Tremblay.

Les syndicats de la fonction publique ont profité de la présence du premier ministre Philippe Couillard à Baie-Comeau vendredi pour aller manifester devant l’hôtel Le Manoir, où il donnait une conférence sur le développement du Nord.

Le maintien de la prime est également une «très bonne nouvelle» pour le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier. «J’imagine qu’ils (le gouvernement) ont réalisé qu’on en paierait le prix sur la Côte-Nord. Ce n’était pas banal pour nous», a-t-il affirmé.

«On le sait, au niveau du coût de la vie, c’est plus élevé dans la région. Prenons seulement l’étude sur les coûts de construction qui sont 20% plus élevés. À quelque part, c’est une réalité, c’est des faits», a mentionné le maire. Selon la CSN, le retrait de cette prime aurait entraîné une perte de 10 millions $ par année en masse salariale dans la région.


(Photo: Archives – Le Nord-Côtier)

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