L’origine de mes espèces : une quête identitaire transposée sur scène

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Par Éric Martin
L’origine de mes espèces : une quête identitaire transposée sur scène
L’origine de mes espèces représente la réalisation du projet artistique le plus personnel de Michel Rivard jusqu’à maintenant. Photo LePetitRusse

L’origine de mes espèces permet à Michel Rivard de revisiter sur scène des moments marquants de son enfance en compagnie d’un musicien, Vincent Legault. Dans ce long monologue ponctué de chansons originales, il témoigne de l’amour qu’il portait à ses parents décédés. Il marque également un retour au théâtre pour cet artiste polyvalent.

Au départ, Michel Rivard était loin de se douter que la présentation d’un tel spectacle représentait en soi tout un défi. « Je voulais être à la fois chanteur, comédien et compositeur. La musique est ici utilisée pour illustrer mes propos. C’est l’inverse de ce que je faisais depuis 45 ans. J’ai eu à maîtriser les textes pour que les gens n’aient pas l’impression qu’il a été appris par cœur », explique-t-il.

De précieux collaborateurs

Pour l’aider à écrire ce théâtre musical, il s’est associé à la dramaturge Alexia Bürger. « Au départ, j’écrivais des segments. Elle m’a aidé à mettre ce casse-tête dans le désordre et d’en faire quelque chose de cohérent. Je lui en dois beaucoup. Elle a contribué à la forme de ce spectacle », trouvait-il opportun de souligner.

De son côté, le dramaturge Claude Poissant en a assuré la mise en scène. « Il a été extraordinaire. Pour moi, c’est un retour au théâtre. Il m’a aidé à me débarrasser de certains tics de geste ou de langage. C’était un travail tout en profondeur », soulève M Rivard. « J’ai dû réapprendre à faire les choses différemment. Ce fut tout un défi. Je ne regrette aucunement de l’avoir relevé. »

Une forme particulière

Les souvenirs que l’auteur transpose sur scène l’ont été dans le désordre. Un choix tout à fait volontaire. « Je voulais que ce soit à la fois précis et vague. Ce n’est pas uniquement ma vie », enchaîne-t-il.  « Je voulais que ça résonne chez les gens. C’est le portrait d’une époque. Je dépasse largement le stade d’un artiste qui raconte la vie de ses parents. »

En effet, il est peu mention dans le texte du fait que Michel Rivard est musicien et chanteur. « C’est à peine évoqué. Je voulais que l’accent soit mis sur les relations humaines et le tissu social. D’une manière ou d’une autre, on sait déjà que c’est moi puisque c’est écrit au je », ajoute-t-il. « Je l’interprète comme s’il s’agit du texte d’un autre. Je l’ai tellement travaillé. Je le joue tel qu’il est écrit. »

Un témoignage d’amour

La quête identitaire menée par ce monument de la chanson québécoise n’a rien de nouveau. « J’ai vécu mon enfance avec deux personnes qui m’aimaient, mais qui ne s’aimaient pas vraiment. Comme beaucoup de gens dans les années 50 qui avaient été forcés par la religion et la société. La nature de leur relation m’a toujours préoccupé », confie-t-il.

Plus les années avançaient, plus Michel Rivard en apprenait sur la relation entre ses parents. Cependant, il s’est abstenu d’en parler par respect pour eux. « Ma mère était très fragile émotivement. Elle a cessé de se battre pour vivre. Elle laissait venir à elle les moments joyeux. Elle avait perdu toute son énergie. Je me dois d’admettre que le sourire joyeux de mes parents m’a manqué, mais je ne suis pas malheureux pour autant. »

Le théâtre musical L’origine de mes espèces, qui s’est vu décerner trois Félix à l’ADISQ, soit Spectacle de l’année auteur-compositeur-interprète, Mise en scène et scénographie ainsi que Scripte de l’année, sera présenté le 9 novembre au Centre des arts de Baie-Comeau et le lendemain à la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles.

 

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