L’homme éléphant : une œuvre d’une profonde humanité

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Par Louise Savard
L’homme éléphant : une œuvre d’une profonde humanité
La pièce L’homme éléphant sera présentée à Sept-Îles le 5 février et à Baie-Comeau le lendemain.

Certains d’entre vous se rappelleront peut-être avec émotion la pièce L’homme éléphant, de Bernard Pomerance, présentée sur la Côte-Nord au début des années 1980. Si ce n’est le cas, la chance vous est offerte de profiter d’un moment de théâtre émouvant puisque l’œuvre, tirée d’une histoire véridique, renoue avec les scènes de la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles et du Centre des arts de Baie-Comeau.

«Rares sont les pièces que j’ai jouées, où j’ai senti les gens touchés de la sorte», affirme Éric Paulhus, qui tient le rôle-titre. «Il y a quelque chose dans cette pièce-là qui nous renvoie à tout jugement sur la différence qu’on peut faire et c’est bien raconté.»

Une étonnante histoire

L’homme éléphant nous replonge à la fin du 19e siècle dans l’histoire authentique du Britannique John Merrick, atteint du syndrome de Protée, qui cause d’énormes difformités physiques.

Abandonné par sa mère dès son jeune âge, perçu socialement comme un monstre, il devra, pour survivre, s’exhiber et s’humilier dans les foires avant d’être pris en charge par le Dr Frederic Treves qui veut étudier son cas, ce qui le sauvera de la pauvreté. Par son esprit empreint de finesse, John Merrick deviendra la coqueluche de la haute société avant de mourir à l’âge de 27 ans.

Un rôle qui tient du défi

Tenir le rôle de l’homme éléphant représente un défi énorme pour tous ceux qui l’ont interprété, exigeant des soins réguliers de massothérapie.

«C’est un rôle qui exige des choses physiquement», explique le comédien d’expérience. «Juste de tenir pendant une heure et demie le corps de l’homme éléphant parce que c’est sans artifices, sans prothèses. C’est un grand défi pour moi de trouver ce corps-là et de trouver cette voix-là parce qu’il avait une élocution particulière».

Des moments de grâce

Certaines scènes sont, selon Éric Paulhus, d’une telle intensité, qu’il se produit des moments de grâce entre le public et les comédiens.

«Je sens que les gens sont avec nous et qu’à chaque respiration, ils nous suivent. Il y en a une avec Sylvie Drapeau, où les gens ont applaudi (ce qui est très rare) et je sentais que l’on touchait à des moments de grâce.»

La comédienne Sylvie Drapeau, baie-comoise d’origine, joue de rôle de Madame Kendal une actrice engagée par le médecin pour lui tenir compagnie et qui, découvrant à quel point Merrick est un être d’exception, développera avec lui une touchante amitié lui ouvrant les portes de la reconnaissance publique.

Pour le comédien Éric Paulhus, qu’on peut suivre entre autres dans le rôle de Kevin Bergeron de la série Lâcher prise à l’antenne de Radio-Canada, interpréter ce rôle exigeant se révèle des plus gratifiants.

«Je l’ai vraiment vu comme un cadeau, une reconnaissance du travail fait et la chance de me dépasser. Oui j’en avais peur, mais je viens d’avoir 40 ans et j’ai vu la chance de mettre de l’avant tout le bagage que j’ai comme acteur».

La pièce L’homme éléphant, offerte sans entracte et décrite comme une «ode au courage et à la dignité humaine» par le Théâtre du Rideau Vert qui nous la propose, s’empare de la scène de la Salle de spectacle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles, le mardi 5 février à 20h et celle du Centre des arts de Baie-Comeau le lendemain, à la même heure.

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