Les MRC et les Innus réclament un allègement des mesures

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Par Charlotte Paquet
Les MRC et les Innus réclament un allègement des mesures

L’Assemblée des MRC de la Côte-Nord et les communautés de la Nation innue Nitassinan/Côte-Nord font front commun pour réclamer le retour aux mesures qui prévalaient jusqu’à la mi-décembre. Dans cette même foulée, ils proposent au gouvernement du Québec et à la santé publique ni plus ni moins qu’un pacte « pour garder la population alerte dans cette bataille que nous livrons à la COVID-19 ».

Les chefs innus et les préfets en sont venus à ce consensus qui tient compte, selon eux, de la réalité sur le terrain, soulignent-ils dans un communiqué conjoint émis en milieu d’après-midi jeudi.

Faut-il rappeler qu’en date d’aujourd’hui, la Côte-Nord ne compte plus aucun cas actif de personne infectée au coronavirus.

Maire de Gros-Mécatina et président de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord, Randy Jones souhaite revenir aux conditions en place avant l’imposition du couvre-feu, le 9 janvier, afin de permettre la réouverture « des commerces et restaurants, les cours en classe et l’accès à différentes activités qui peuvent se pratiquer en respectant les mesures préventives ».

Randy Jones ne manque pas de rappeler que, jumelées à une sensibilisation à l’entrée de la région, les mesures restrictives propres à une zone orange ont permis à la région de traverser les fêtes sans trop de dommages.

Pris au sérieux

Pour sa part, le chef d’Unamen Shipu et responsable du dossier de la santé parmi les chefs des communautés innues, Bryan Mark, souligne le sérieux qui a toujours animé les communautés en matière de lutte contre la pandémie.

Les populations innues sont vulnérables et elles comprennent l’importance de mesures extrêmes pour casser la deuxième vague. Mais, fait remarquer le chef Mark, les communautés se trouvent déjà isolées géographiquement et il importe de favoriser la santé mentale.

« Des mesures allégées et plus équilibrées seraient plus que bénéfiques, tout en continuant à prôner la vigilance », assure celui qui se défend bien de minimiser la gravité de la situation sanitaire.

Le pacte

Par l’entremise de ce pacte qu’ils proposent à Québec et à la santé publique, les préfets et chefs innus confirment vouloir continuer de contribuer à l’effort de guerre sans ajouter de pression sur le système de santé.

« Nous souhaitons l’instauration de seuils au-delà desquels le rehaussement des mesures sera attendu et mieux accepté. Le taux de propagation sur un nombre de jours consécutifs et le pourcentage d’occupation des lits disponibles pour soigner les gens infectés par la COVID-19, pourraient très bien servir d’indicateurs », explique le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier.

Pour sa part, le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, se dit d’avis qu’il « y aurait plusieurs avantages à nous doter de tels seuils et de moduler les mesures en fonction de leur dépassement, dont celui de garder la population alerte et ne plus avoir à expliquer la mise en œuvre de mesures plus extrêmes ».

Un tel pacte aurait aussi l’avantage d’être clair pour tout le monde et sans surprise, poursuit celui qui propose que le couvre-feu de 20h passe à 22 h, soit après la fermeture des commerces et des restaurants. « Surtout lorsqu’il n’y a pas ou très peu de propagation sur plusieurs jours consécutifs et qu’il n’y a pas ou très peu d’hospitalisations ? Il faut un peu de souplesse dans toute cette rigidité nécessaire! », ajoute Marcel Furlong.

Pour sa part, le chef de la communauté d’Uashat mak Mani-utenam, Mike McKenzie, mentionne que « l’idée d’un pacte fait du sens et démontre qu’il est possible de retrouver certaines libertés lorsque les efforts et les résultats sont au rendez-vous. Ce pacte engage aussi toutes nos populations à l’adoption des meilleurs comportements pour éviter et limiter la propagation de la covid-19 et surtout éviter de revenir constamment à l’application de mesures sanitaires contraignantes ».

Enfin, les partenaires du consensus affirment endosser les revendications du gouvernement Legault pour qu’Ottawa interdise les vols internationaux non essentiels.

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