Les candidates débattent dans la cacophonie

Les candidates débattent dans la cacophonie

L’animatrice Bis Petitpas ramène les quatre candidates à l’ordre.

Crédit photo : Le Nord-Côtier

Les candidates du PQ, du PLQ, de la CAQ et de QS ont débattu dans une grande cacophonie lundi au Cégep de Sept-Îles devant plus de 200 étudiants et électeurs parfois exaspérés.

Le ton acrimonieux et les candidates parlant souvent en même temps ont empêché les spectateurs et les auditeurs de Radio-Canada de bien cerner les idées des candidates, et ce, malgré les rappels à l’ordre de la modératrice du débat, Bis Petitpas. Seule Martine Roux (Québec Solidaire) s’est démarquée par son attitude posée en première heure.

La première question issue du public présent dans la salle a déclenché des applaudissements nourris.

«Quel est votre engagement pour la suite du débat pour qu’il y ait un débat civilisé?» a demandé un professeur en philosophie à la fin de la première heure.

Les candidates ont profité de la pause de mi-débat pour s’ajuster, de sorte que la deuxième portion fut beaucoup plus agréable et intelligible que la première.

Accessibilité du territoire

Cinq grands thèmes ont été abordés pendant le débat. La première heure a porté sur l’accessibilité du territoire, la santé et l’environnement. Le développement et la diversification économique ainsi que la population et l’emploi ont été discutés en deuxième heure.

Les candidates se sont toutes prononcées en faveur du prolongement de la 138 jusqu’à Blanc-Sablon. Line Cloutier a suggéré des infrastructures temporaires, de type route forestière, en attendant que la route soit complétée.

Lorraine Richard a promis des billets d’avion «à coûts raisonnables». Martine Roux a promis la nationalisation des réseaux de fibre optique et des télécommunications pour accélérer le branchement des régions éloignées.

Santé et environnement

En matière de santé, les candidates caquiste et péquiste ont dénoncé les coupures en santé du gouvernement libéral et la fusion de tous les établissements de santé de la Côte-Nord au sein d’un unique CISSS basé à Baie-Comeau.

«Ce qu’on vous propose au Parti Québécois, c’est des CLSC ouverts 7 jours sur 7, de 9 à 9. Et c’est surtout de redonner du pouvoir aux sous-territoires», a déclaré Lorraine Richard.

Sans surprise, Martine Roux s’est posée en championne de l’environnement et a rappelé l’engagement de Québec Solidaire de cesser de développer les énergies fossiles.

La candidate caquiste a dénoncé des projets passés du PQ et du PLQ, sans toutefois cibler d’engagement environnemental prioritaire de son parti pour la Côte-Nord.

Économie, population et emploi

Lorraine Richard a souligné la promesse du PQ de créer un fonds de diversification économique «qui sera propre à chaque région».

Line Cloutier croit que la modification du mandat d’Investissement Québec par la CAQ favorisera l’investissement dans des projets comme les mines ou la phase 3 d’Alouette.

«La diversification ne peut pas se faire à n’importe quel prix non plus», a-t-elle précisé en référence au projet éolien Apuiat, sans toutefois le nommer.

La candidate solidaire propose de remettre sur pied les conseils régionaux de développements, de soutenir les PME et d’exiger des redevances des compagnies exploitant les ressources naturelles.

Laurence Méthot a rappelé que le gouvernement libéral a attribué 100 M$ aux MRC pour leur développement économique en créant le Fonds d’appui au rayonnement des régions.

«On parle ici pour la MRC de Sept-Rivières de 1,0 ou 1,5 M$ dans la dernière année qui va être bonifié jusqu’à 5 M$», a-t-elle exposé.

Concernant la rétention de la main-d’œuvre et d’immigration sur la Côte-Nord, Martine Roux, dont le parti favorise l’immigration, a annoncé ses couleurs pour Duplessis.

«Avant de parler d’immigration, on va s’attaquer au décrochage scolaire et on va regarder les autochtones ici qu’on n’a pas intégrés», a-t-elle soutenu.