Le nombre d’infirmières se stabilise sur la Côte-Nord après quelques années de décroissance

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Par Charlotte Paquet
Le nombre d’infirmières se stabilise sur la Côte-Nord après quelques années de décroissance
La Côte-Nord comptait 880 infirmières et infirmiers au 31 mars 2020. Leur nombre s'est stabilisé après quelques années de décroissance. Photo iStock

Après quelques années de décroissance, le nombre d’infirmières et d’infirmiers est demeuré stable sur la Côte-Nord en 2019-2020.

C’est ce que révèle le portrait régional publié cette semaine par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Au 31 mars dernier, 880 personnes exerçaient leur profession chez nous. Parmi elles, on en dénombrait 157 (18 %) autorisées à faire des activités de prescription (possible sur demande), tandis que 5 autres avaient le statut d’infirmières praticiennes spécialisées.

Malgré le recul observé dans les dernières années, le taux d’infirmières et d’infirmiers en soins directs pour 1 000 habitants est demeuré légèrement supérieur à la moyenne provinciale avec 8,09 sur la Côte-Nord contre 7,34 dans l’ensemble du Québec.

Autre statistique intéressante, le taux d’emploi à temps complet frôle 70 % chez nous, soit le taux le plus élevé au Québec après le Nord-du-Québec, fait remarquer au bout du fil le président de l’OIIQ, Luc Mathieu. « Je trouve que c’est une bonne nouvelle pour la continuité des soins et la stabilité des équipes. »

Donnée moins réjouissante, la Côte-Nord est en retard au chapitre des titulaires d’un baccalauréat en soins infirmiers, qui représentent 38 % de l’ensemble des effectifs chez nous comparativement à 48 % dans la province. La région est l’une des deux seules au Québec à se situer sous la barre des 40 %.

La relève

Dans le portrait publié par l’OIIQ, on apprend aussi l’embauche de 29 infirmières et infirmiers de la relève au cours de l’année 2019-2020, une hausse de 9 en un an.

Cette main-d’œuvre travaille à temps complet dans une proportion de 59 %, contre 32 % en moyenne dans la province. Luc Mathieu insiste sur l’importance de l’écart en émettant comme hypothèses que les établissements de santé nord-côtiers ont possiblement mis en place des incitatifs pour favoriser la profession tout en ouvrant des postes à temps complets.

Nouvelle encourageante, le tiers des titulaires d’un diplôme d’études collégiales en soins infirmiers poursuivent leur formation au baccalauréat, ce qui devrait contribuer à rapprocher la région de la moyenne provinciale.

Un paradigme

Selon le président Mathieu, le nombre d’infirmières et d’infirmiers dans la province ne cesse de croître depuis 10 ans. Il a atteint 78 204 en 2019-2020, une augmentation de 2,2 % et le taux de croissance le plus haut en 20 ans.

« Le gros paradigme, c’est qu’on n’a jamais été autant, comment ça se fait que les établissements disent qu’ils manquent d’infirmières. Qu’est-ce qui se passe au Québec », s’interroge-t-il.

Le bilan de l’année 2020-2021 risque cependant d’être à la baisse. Le président s’y attend en raison, explique-t-il, du portrait démographique, de la baisse des inscriptions dans les cégeps et de l’absence anticipée de quelque 800 personnes diplômées hors Québec dont l’arrivée aura été bloquée par la fermeture des frontières en raison de la pandémie.

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