Le ministre Bonnardel s’excuse à Ekuanitshit pour des propos tenus en 2011

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Par Mathieu Morasse
Le ministre Bonnardel s’excuse à Ekuanitshit pour des propos tenus en 2011
Le chef Jean-Charles Piétacho (à droite) a reçu la visite du ministre de la Côte-Nord, Jonatan Julien, le 11 février à Ekuanitshit.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a effectué un geste de réconciliation et offert ses excuses à la communauté innue d’Ekuanitshit (Mingan) pour des propos tenus il y a sept ans alors qu’il était député adéquiste.

L’affaire remonte au 2 novembre 2011 lorsque François Bonnardel avait interrogé le gouvernement libéral de Jean Charest sur un versement d’Hydro-Québec de 2,5 M$ à la communauté de la Côte-Nord dans le cadre du chantier de la rivière Romaine. Il mettait alors en cause la pertinence de remettre 3 000 $ à chaque adulte de la communauté alors même que l’alcool, la drogue et le jeu y faisaient des ravages.

Il avait ensuite refusé de s’excuser à Ekuanitshit et à l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

«Il aurait dû poser ces questions à nous aussi», se souvient le chef d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho.

Legault s’en occupe

Le dossier a refait surface en novembre dernier à l’occasion d’une rencontre entre Jean-Charles Piétacho et le premier ministre, François Legault. Le chef innu a expliqué ne pas pouvoir parler de réconciliation entre les peuples innu et québécois vu le litige de 2011 avec le nouveau ministre des Transports.

«À la fin de la rencontre, il m’a dit « je m’en occupe chef ». J’ai eu une lettre de Bonnardel le 19 décembre», relate Jean-Charles Piétacho.

«Je comprends que mes propos de l’époque ont pu vous froisser, ainsi que certains membres de votre communauté. Si vous vous êtes senti blessés par les questions posées au gouvernement de l’époque, sachez qu’il n’en était aucunement de mon intention et je m’en désole sincèrement», écrit le ministre dans sa lettre.

Excuses acceptées

Le chef d’Ekuanitshit et le conseil de bande ont accepté les excuses de François Bonnardel.

«De notre côté, on considère le dossier clos», tranche Jean-Charles Piétacho.

Le chef innu souhaite maintenant pouvoir obtenir une rencontre rapide avec le ministre afin de discuter de dossiers locaux.

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