La réserve de biodiversité à Sept-Îles sera 100% marine, mais sans la protection des réserves aquatiques

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Par Mathieu Morasse
La réserve de biodiversité à Sept-Îles sera 100% marine, mais sans la protection des réserves aquatiques
La carte des réserves de la biodiversité projetées à Sept-Îles.

Des précisions obtenues auprès du cabinet de la ministre de l’Environnement indiquent que les réserves de la biodiversité projetées à Sept-Îles seront marines à plus de 80%. Or, elles ne bénéficieront ni du statut ni de la protection particulière des réserves aquatiques. Le ministère assure par ailleurs que leur création n’aura aucun impact sur le projet Mine Arnaud.

Les précisions obtenues par Le Nord-Côtier font suite à l’annonce de la création des réserves de la biodiversité du Marais-de-la-Baie-de-Sept-Îles ainsi que de l’Archipel-de-la-Baie-de-Sept-Îles le 17 août par Isabelle Melançon, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).

Les cartes obtenues montrent clairement que la réserve du Marais (25 km2) sera 100% marine et que celle de l’Archipel (69 km2) sera marine à 76%. La superficie totale des îles et îlets de l’archipel est d’environ 16,5 km2. La ministre indiquait pourtant au Nord-Côtier le 17 août qu’il n’y avait «aucune aire marine» dans les réserves projetées.

Les réserves aquatiques et les réserves de la biodiversité interdisent toutes deux les activités industrielles et l’exploitation des ressources naturelles sur leur territoire.

Une réserve aquatique permet de régir l’utilisation des embarcations motorisées et interdit tout type d’activité susceptible de dégrader le lit, les rives, le littoral ou d’affecter autrement l’intégrité du plan d’eau.

Cela soulève la question à savoir pourquoi les aires protégées projetées à Sept-Îles ne bénéficient pas du statut et de la protection des réserves aquatiques.

Il n’a pas été possible d’obtenir une entrevue avec la ministre de l’Environnement à ce sujet.

Pas d’impact sur Mine Arnaud

Par ailleurs, le cabinet de la ministre Isabelle Melançon a précisé que la réserve de la biodiversité projetée du Marais-de-la-Baie-de-Sept-Îles n’aura aucun impact sur le projet Mine Arnaud.

«Pour une réserve de biodiversité, la Loi sur la conservation du patrimoine naturel ne s’applique que sur le territoire protégé. […] Compte tenu du certificat d’autorisation délivré à Mine Arnaud, la délimitation finale de l’aire protégée tiendra compte des impacts de ce projet sur le milieu naturel. Par conséquent, la création de cette réserve de biodiversité n’ajoutera aucune restriction supplémentaire à celles déjà imposées pour la réalisation de ce projet industriel», a indiqué son attaché de presse par courriel.

 

 

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