La population de la Côte-Nord diminue encore

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Par Charlotte Paquet
La population de la Côte-Nord diminue encore
La baisse démographique de la Côte-Nord se poursuit.

Et de cinq pour la Côte-Nord, qui vient encore une fois d’enregistrer l’un des pires scores au Québec au chapitre du solde migratoire interrégional, selon les plus récentes données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), celles de 2017-2018.

La région continue de se vider au profit d’autres coins de la province, particulièrement la région de la Capitale-Nationale. Au cours de l’année de référence, 2 696 personnes ont quitté la Côte-Nord tandis que 1 791 s’y installaient, pour un solde négatif de 905, soit près de 1 % de sa population.

C’est la première fois en cinq ans que la région n’arrive pas en tête de lice pour sa baisse démographique. Cette année, elle est devancée par Montréal, qui a perdu 1,24 % de sa population, principalement vers pour les régions limitrophes, selon l’ISQ.

Mince lueur d’espoir pour la Côte-Nord dans les circonstances, le bilan s’améliore un tantinet. Dans les faits, il faut reculer de cinq ans pour observer un déficit migratoire moins élevé, soit 417. Précisons aussi qu’il n’y a pas plus de deux ans, ce solde négatif s’établissait à 1 479.

Pour en revenir aux récentes données, précisons que toutes les MRC de la Côte-Nord ont accusé des pertes, ce qui en fait un cas unique au Québec une fois de plus. Les MRC de La Haute-Côte-Nord, de Manicouagan et du Golfe-du-Saint-Laurent sont les plus perdantes.

Il est question de plus de 1 % de leur population. Rappelons que c’est la cinquième année que l’ensemble des MRC affichent un solde migratoire négatif.

Autre unicité dont elle se passerait bien, la Côte-Nord est aussi la seule région au Québec à compter moins de monde dans tous les groupes d’âge. Le déficit le plus lourd, précise l’ISQ, se situe chez les 15-24 ans (-2,25 %).

Soulignons qu’outre la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, toutes les régions éloignées ont vu leur population diminuer, mais sans commune mesure avec la Côte-Nord, qui, rappelons-le, affiche un recul de près de 0,99 %. À titre d’exemple, pour le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec, les pertes varient de 0,07 % à 0,28 %.

Une stratégie globale avec le provincial

Pour Réjean Porlier, le constat est clair. Tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas de stratégie globale avec le gouvernement du Québec, ce sera «extrêmement difficile» de renverser la tendance démographique. Selon le maire de Sept-Îles, si les outils de développement structurants ne sont pas reconnus par Québec comme étant essentiels, il sera impossible d’y arriver.

«Terminer la 138 est l’un de ces outils. Ça va amener une occupation dynamique du territoire. Encore aujourd’hui toutefois, on n’a pas le plan de match pour changer ça», déplore-t-il.

Le coût du transport aérien en fait aussi parti. C’est un facteur prohibitif pour quelqu’un qui souhaite s’installer sur la
Côte-Nord.

«Quand on regarde le prix que ça coute pour retourner voir sa famille ou la faire venir dans la région, ça ne donne tout simplement pas le goût», affirme M. Porlier.

Infrastructures et éducation

Il n’y a pas que l’emploi à considérer pour attirer et faire rester les gens selon le maire Porlier. Il faut des infrastructures «en quantité et en qualité», soutient-il, en faisant entre autres référence au complexe sportif.

Une autre avenue consisterait à développer davantage de programmes de formation universitaire, ajustés aux besoins de la grande entreprise.

«Parce qu’il y a les jeunes qui partent aux études et ne reviennent pas, mais il y aussi leurs parents. Lorsqu’ils vieillissent, ce n’est pas rare qu’ils partent retrouver leurs enfants. On l’échappe par les deux bouts», remarque M. Porlier.

Avec la collaboration de Jean-Christophe Beaulieu

 

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