Sonia Poirier appose un baume sur ses blessures dans La dernière vague de notre histoire

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Par Éric Martin
Sonia Poirier appose un baume sur ses blessures dans <i>La dernière vague de notre histoire</i>
Sonia Poirier a participé récemment au Salon du livre de Sherbrooke. C’est à cet endroit qu’elle a dévoilé le fruit de son travail d’écriture.

Peu de temps après avoir vu son époux, Bruno Simard, et son frère Lucas (Simard), décédés par noyade sous ses yeux au lac Cacaoui le 9 septembre 2018,  Sonia Poirier n’avait aucunement l’intention de transposer ce tragique événement dans un livre. Cependant, cette idée a lentement fait son chemin. De là est née La dernière vague de notre histoire, publié par la maison d’édition Rubis, dont l’écriture s’est avéré un exercice fort libérateur.

Cette idée de raconter cette tragédie dans un livre provient d’un ancien journaliste au Nord-Côtier, Mathieu Morasse. Très rapidement, Sonia Poirier a été mise en contact avec une maison d’édition, qui a démontré n intérêt à publier ce récit.

« On ne m’a mis aucun délai. J’en ai écrit une bonne partie de son contenu cet été au camping. Ç’a été le contexte et le moment idéal pour le faire », explique-t-elle.

Le récit débute deux jours avant le tragique événement, soit le 7 septembre, et se termine lorsque des croix ont été installées sur l’île au printemps 2019. C’est à cet endroit qu’elle s’était réfugiée avec sa fille et une amie pour survivre. « On entre dans le vif du sujet. J’y vais minute par minute », précise-t-elle. « Je décris ce que j’ai vécu avec exactitude. Ç’a m’a marqué à vie. »

Pour se remémorer le plus fidèlement possible ces douloureux souvenirs, elle a pu compter sur l’aide d’une psychologue. Fait intéressant, elle n’avait pas prononcé le mot noyade pendant un bon moment après l’accident. « Mon cerveau semblait l’avoir caché dans un tiroir. Depuis, j’ai affronté toutes mes peurs. Je suis monté dans un bateau et j’ai nagé dans l’eau », raconte-t-elle avec beaucoup de fierté.

Une souffrance toujours vive

Malgré le fait qu’elle ait transposé ses blessures dans un livre, l’auteure admet ne pas avoir complété le processus de deuil. « La souffrance est toujours là. Les gens pensent que je vais bien. Ça se manifeste plutôt à l’intérieur. On faisait tout à deux. Je sais qu’il est toujours à mes côtés », avance-t-elle. « Il ne veut pas partir. C’est sûrement ce qui me donne encore plus envie d’avancer. Pour moi, son décès demeure irréel. »

C’est ce qui fait en sorte que Mme Poirier est loin d’être prête à s’engager aujourd’hui avec un autre homme. « Il est toujours là. Je n’en suis pas rendu là. Le processus de deuil n’est pas complété en raison des diverses procédures qui s’en sont suivies », a confié celle qui a procédé officiellement au lancement de ce livre au Salon du livre de Sherbrooke. C’est dans cette municipalité que son mari et son frère ont grandi.

Une chose est certaine, Sonia Poirier est animée par une véritable force de vivre. « Je dois apprendre à vivre avec ces blessures. Je dois continuer d’avancer. Je suis une fille de nature fonceuse et dynamique. Ça demeure toujours en moi. J’ai toujours plein de projets en tête. Je me tiens constamment occupée. Je n’ai jamais véritablement ralenti », affirme-t-elle.

Un lancement à Sept-Îles

La dernière vague de notre histoire fera l’objet d’une activité de lancement, le 1er novembre de 18 h à 20 h à la salle Corossol de l’Hôtel Sept-Îles. Sur place, les gens pourront se procurer un exemplaire du livre et le faire dédicacer par l’auteure.

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Jean Guy Levesque
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Jean Guy Levesque

J’aimerais me procurer le livre