Intimidation: la Commission des relations du travail poursuit ses travaux

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Par Fanny Lévesque

La Commission des relations du travail a poursuivi jeudi à Sept-Îles l’audition de la plainte d’Harold Richard, qui affirme avoir perdu son emploi en 2009 à la suite de son adhésion à la CSN-Construction, contre l’agent d’affaires de la FTQ-Construction Bernard Gauthier et l’entreprise Équipements Nordiques.

Jeudi, la FTQ-Construction a fait entendre cinq nouveaux témoins, dont Jean-Yves Lepage, qui avait déjà été placé dans le box par la CSN plus tôt l’an dernier. À l’époque, M. Lepage avait témoigné à l’effet qu’il existait des pressions syndicales, notamment sur le chantier de la Toulnustouc. La FTQ a mis en preuve que l’ingénieur, maintenant à la retraite, avait également eu des démêlés avec Hydro-Québec alors qu’il avait été expulsé du chantier en juin 2005.

En contre-interrogatoire, la tension a monté d’un cran entre les avocats puisque la défense s’est opposée au dépôt d’un document, impliquant M. Lepage, revenant sur des faits de 2002. «La commissaire se doit d’adopter une certaine rigueur, sinon ce sera sans fin», a fait valoir l’avocat de la FTQ, Robert Laurin. C’est qu’il faut rappeler que malgré que les faits reprochés soient relativement simples, la commissaire, Kim Legault, a acquiescé en début d’audition à la requête de l’avocat de la CSN d’élargir la preuve afin de démontrer l’existence d’un système d’intimidation et de discrimination syndicale sur les chantiers de la Côte-Nord, dont Bernard Gauthier serait à la tête.

«C’est déjà une preuve d’exception sur une présomption de, il faut une contre preuve sur des faits précis du cas qui nous occupe, sinon on sera encore ici en 2013», a renchéri l’avocat d’Équipements Nordiques, Luc Dion.

Pour sa part, l’avocat de la CSN s’est défendu en indiquant qu’à la lumière de certaines allégations qu’ont tenues des témoins de la FTQ, il devait laisser la possibilité à ses témoins de s’expliquer. «La FTQ a attaqué la crédibilité de mes témoins plutôt que de se défendre sur l’existence d’un système [d’intimidation et des discriminations syndicales]», a soulevé Dany Milliard. La CSN entend faire réentendre plus de cinq témoins à la reprise des audiences, en février.

Défaire une image préconçue
La FTQ concède qu’elle aura un important travail à faire pour changer l’opinion publique sur l’image de son client, que l’on surnomme aussi Rambo. «Le problème du dossier sera l’opinion publique et les préjugés, ce sera le défi de ma plaidoirie (…) c’est difficile de défaire ça quand tout le monde est convaincu qu’il y a de la discrimination», a expliqué Me Laurin. «Ce que tente de faire la CSN en ce moment, c’est de ramener tous les accrochages depuis 2003, mais nous avons su démontrer que toutes les fois, il y avait aussi d’autres problèmes dans le système.»

La FTQ-Construction devrait conclure sa preuve dès février, avec le témoignage du principal intéressé, Bernard Gauthier. Plus d’une trentaine d’acteurs du milieu de la construction ont été entendus depuis le début de l’audition de la plainte, à l’automne 2010.

Selon l’avocat de la FTQ-Construction dans cette affaire, le défi sera de défaire l’image préconçue de son client, Bernard Gauthier, que l’on surnomme aussi Rambo. (Photo : archives)

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