Innu Nikamu – La grande tradition: Le portrait lumineux d’une communauté encore ébranlée

Photo de Éditions Nordiques
Par Éditions Nordiques
Innu Nikamu – La grande tradition: Le portrait lumineux d’une communauté encore ébranlée
De nombreux mois de travail ont été investis par Kevin Bacon pour la réalisation du film documentaire «Innu Nikamu : chanter la résistance», qu’il est visiblement heureux de pouvoir présenter enfin sur la Côte-Nord.

Uashat – Produit par Terre Innue, le documentaire Innu Nikamu s’apprête à faire l’objet d’une version plus longue. Pour l’aider à réaliser ce projet, son réalisateur Kevin Bacon Hervieux compte sur la générosité des gens. C’est pour ce faire qu’une campagne de sociofinancement  suit son cours sur la plateforme Kickstarter.

En travaillant à la réalisation, Kevin Bacon Hervieux était loin de se douter qu’il allait réussir à obtenir autant de confidences de la part des gens de sa communauté. «À la base, ça ne devait être qu’un documentaire de 45 minutes pour une diffusion à la télé. Le problème est que j’ai amassé plus de 80 heures de matériel. Lors des entrevues, on m’a beaucoup parlé du pensionnat à Mani-Utenam. Les impacts sont lourds et se font encore sentir aujourd’hui», avance-t-il.

Une page sombre de l’histoire de cette communauté qui méritait en soi une couverture plus exhaustive dans ce documentaire. «Dans la version courte, c’était un survol beaucoup trop incomplet. J’ai plus d’une vingtaine d’heures de témoignages à ce sujet. Ils sont très poignants. Les témoins d’abus et les victimes en sont nombreux. Il s’est réellement commis des atrocités dans ce pensionnat et ça mérite d’être souligné.»

Des souvenirs douloureux qui ont mené, d’une certaine manière, à la création du Festival Innu Nikamu qui est perçu par plusieurs comme «un baume sur cette plaie ouverte». «C’est né d’un désir de se réapproprier des traditions que l’on voulait éliminer. La blessure est encore vive aujourd’hui. On se devait d’en tenir compte davantage dans le documentaire, soutient-il. Dans la version courte du documentaire, il manquait cruellement de sensibilité.»

Le travail se poursuit

Même si une ébauche de 90 minutes a été présentée, celle-ci n’en demeure qu’à l’étape du brouillon pour l’instant, tient à préciser son réalisateur. «On ne fait pas ici qu’ajouter du temps à un documentaire. C’est beaucoup plus complexe que ça. On devait aussi changer notre manière de raconter cette histoire. C’est un film positif en soi qui s’adresse à tous. On en apprend beaucoup sur l’histoire des Innus, la fondation de Mani-Utenam et la création d’Innu Nikamu. Tous ces éléments sont liés ensemble.»

Kevin Bacon Hervieux admet qu’il ne serait pas allé de l’avant avec ce projet s’il n’avait pas obtenu l’appui de ses pairs et de la maison de production qui lui laisse sa première chance dans ce milieu. Pour le réaliser, il doit récolter un minimum de 25 000$ grâce à une campagne de sociofinancement sur Kickstarter qui se poursuit jusqu’au 25 mars. Une somme nécessaire pour qu’il puisse retourner à Montréal pour compléter le travail de montage qui s’impose pour la version longue de ce documentaire.

Si tout se passe bien, le réalisateur croit être en mesure d’en faire son dévoilement au début juin. La version longue sera ensuite appelée à circuler dans différents festivals. En ce qui concerne la version courte, sa diffusion est prévue en janvier 2018 sur APTN.

Partager cet article