Inauguration du Pavillon G.-Scherrer : place aux femmes en formation professionnelle  

Inauguration du Pavillon G.-Scherrer : place aux femmes en formation professionnelle   

Le pavillon G.-Scherrer, annoncé en 2013, a été inauguré ce matin (13 septembre).

Crédit photo : Le Nord-Côtier

Jeudi avait lieu l’inauguration du nouveau Centre multifonctionnel en formation professionnelle. Le bâtiment a accueilli ses premiers étudiants la semaine dernière, parmi lesquels on retrouve trois jeunes femmes passionnées de machinerie lourde et d’engins de chantier.

Le Pavillon G.-Scherrer, nouveau centre multifonctionnel du Centre de formation professionnelle de Sept-Îles (CFPSI), était attendu depuis cinq ans.

«Je ne compte plus le nombre de fois où les gens m’ont demandé quand il ouvrirait. Ça n’a pas été un dossier facile. L’aspect financier a même remis le projet en question à certains moments», a affirmé Rodrigue Vigneault, président de la Commission scolaire du Fer.

Le budget de construction prévu étant initialement de 8,2 millions $, la facture totale du projet s’élève aujourd’hui à 13,4 millions $.

Trois fières ambassadrices

Présent pour l’inauguration, le ministre sortant Gaétan Barrette a insisté sur l’importance de la formation en région. La Côte-Nord est appelée selon lui à se développer davantage dans les prochaines années et les entreprises auront donc besoin d’une main d’œuvre bien formée.

«C’est avec vos bras et vos cerveaux qu’on va construire le futur. Je suis particulièrement content de voir qu’il y a des filles parmi les étudiants ce matin, ça montre que notre société évolue dans le bon sens», a-t-il souligné.

Parmi les quelques dizaines d’étudiants masculins, on retrouve trois jeunes femmes qui se démarquent à travers les engins de chantier du centre multifonctionnel.

Marie-Soleil Petitpas, Fanny Petitpas et Noémie Turbis, fières représentantes féminines. (Photo : Le Nord-Côtier)

Noémie Turbis, Fanny et Marie-Soleil Petitpas sont les seules filles inscrites dans les nouveaux programmes, que certains pourraient considérer comme «traditionnellement masculins».

«Mais ça en prend des filles dans ces domaines-là, on est en 2018 après tout», mentionne Fanny Petitpas, arrivant du Havre-Saint-Pierre pour étudier sa passion.

«Mon père a une compagnie en mécanique et il m’a toujours amené avec lui dans ses travaux depuis que je suis toute petite, ça m’a donné le goût», explique-t-elle.

Noémie Turbis affirme elle aussi s’être lancée dans le programme pour suivre les traces de son père. Inscrites en mécanique, les trois étudiantes ont hâte d’enfin travailler sur la machinerie.

«Jusqu’à maintenant, on a surtout fait de la théorie, alors on ne sait pas encore à quoi s’attendre à 100%. C’est sûr qu’on va enlever des moteurs et les remettre, étudier le système hydraulique et monter les pneus», affirme Marie-Soleil Petitpas.

Au final, elles pourront travailler pour des minières ou des garages spécialisés en machinerie lourde. Elles savent déjà où elles se dirigeront dès leur formation complétée.

«À Fermont, pour ArcelorMittal, c’est unanime», déclarent-elles.

Prendre sa place

Les trois amies conviennent qu’il peut être difficile pour une femme d’être en minorité dans un «milieu masculin», même en 2018.

«C’est clair qu’il faut qu’on prenne notre place. Mais on a chacune du caractère et disons que ça nous sert bien!», déclare Marie-Soleil en riant. «Mais sérieusement, je dirais que c’est valorisant en fait d’être les seules filles parmi eux. Ils sont très attentionnés. En tout cas on ne se sent vraiment pas mises de côté, au contraire», assure-t-elle.

Avec 1800 heures de formation, donc dès 2020, les trois jeunes femmes pourront exercer leur passion.

Répondre au besoin de main-d’œuvre

Le nouveau pavillon répondra en bonne partie au manque de main-d’œuvre qualifiée. C’est du moins la vocation que souhaite donner M. Vigneault à l’établissement, qui se dit d’ailleurs ouvert à s’adapter aux besoins des entreprises.

«J’aimerais que l’on puisse devenir une référence pour les employeurs, qui sauront reconnaitre que nous formons une main-d’œuvre de qualité et spécialisée. On travaille de très près avec les entreprises pour être capable, justement, de détecter leurs besoins», a-t-il dit. «Toute formation souhaitée par une entreprise peut être adaptée à sa réalité, on est très ouvert à recevoir des demandes de leur part», a-t-il laissé entendre.

Pour l’instant, trois programmes sont inculqués au nouveau pavillon : forage et dynamitage, mécanique d’engins de chantier et mécanique de véhicules lourds. Ils sont offerts pour la première fois sur la Côte-Nord.