Horaire réduit du traversier à Tadoussac : retard et augmentation des coûts de transport

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Par Shirley Kennedy
Horaire réduit du traversier à Tadoussac : retard et augmentation des coûts de transport
Les marchés d’alimentation et autres commerces essentiels de la Côte-Nord doivent s’adapter aux problématiques du transport compliqué par l’horaire réduit du service de traversier Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine. Photo courtoisie

L’approvisionnement des entreprises de biens essentiels étant déjà plus laborieux que d’ordinaire à l’ère de la COVID-19, l’horaire réduit du service de traversier Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine entraîne des conséquences financières et logistiques importantes pour ces dernières.

Afin de s’assurer de livrer la marchandise dans les meilleurs délais, plusieurs compagnies de transport contournent le service de traversier en passant par le Saguenay et la route 172.

Ces 200 kilomètres supplémentaires entraînent des coûts que les compagnies refilent au client, question de rentabilité. C’est le cas du Groupe Morneau, un des plus importants transporteurs de l’est du Canada qui, par communiqué acheminé à sa clientèle le 9 avril, avise qu’il doit revoir ses tarifs à la hausse, en raison du nouvel horaire du service de traversier.

« Ce changement d’horaire force notre équipe à détourner nos opérations vers des chemins alternatifs qui sont plus coûteux. Ces derniers ne sont malheureusement pas inclus dans nos tarifs habituels. Nous nous voyons donc dans l’obligation d’ajouter un frais exceptionnel sur nos factures pour les diverses zones tarifaires impactées par ce changement. Ce frais est en vigueur pour les transports effectués depuis le 6 avril et demeurera effectif jusqu’à ce que la STQ retire ses mesures préventives. », est-il précisé dans le communiqué.

Hausse de 5 % pour Baie-Comeau

Ainsi, les villes opérées par les terminus de Morneau à Baie-Comeau, Sept-Îles, Wabush et Happy Valley-Goose Bay, subiront une surcharge allant respectivement de 2 % à 5 % sur leur facture.

Pour le propriétaire des Éditions Nordiques, Simon Brisson, c’est une note haussée de 1 000 $ pour transporter ses publications de la Côte-Nord. Une situation qu’il dénonce vivement et qui le heurte dans ses valeurs entrepreneuriales profondes, lui qui tente par tous les moyens de traverser cette crise tout en continuant d’informer la population.

« Ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas quelqu’un qui gère cette Société des traversiers du Québec, qui ne puisse pas comprendre que le bateau, c’est notre route. Qu’ils réduisent ou qu’ils ferment les traversiers de Lévis et de Saint-Ignace-de-Loyola qui ne sont pas vitaux pour ces populations-là puisqu’ils ont des routes, et qu’ils fassent venir le personnel requis pour que la population et les entreprises de la Côte-Nord puissent avoir un service de traversier 24 h sur 24. C’est un minimum. »

Marchés d’alimentation

L’horaire réduit du traversier Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine entraîne des retards de livraison pour les marchés d’alimentation de la Côte-Nord. Luc Thibeault, directeur du Provigo de Baie-Comeau, constate des délais supplémentaires de 24 heures.

« C’est sûr que oui la van arrive en retard. Elle est pognée souvent à Baie-Sainte-Catherine. Donc au lieu d’arriver le mardi, elle arrive le mercredi. C’est plus compliqué pour les employés de remplir les tablettes, nous sommes déjà surchargés. »

Pour Annie Pomerleau, gérante du Provigo de Port-Cartier, les retards de livraison sont davantage imputables aux entrepôts « qui ne sont plus capables de fournir ».

Le marchand propriétaire du Provigo de Forestville Martin Lapierre, estime que l’horaire du traversier nuit considérablement à son entreprise. « Effectivement nos entrepôts ont de la misère à fournir. Ils pourraient m’envoyer un chauffeur de nuit mais le traversier ne fonctionne pas. Donc, ça refoule pour toute la Côte-Nord et ça peut retarder de deux jours. Ça commence à être de plus en plus difficile. »

Même son de cloche du côté de l’Inter Marché Laurencelle des Escoumins. L’horaire du traversier chamboule la logistique dans l’horaire de ses employés et dans la gestion de la surface en heure de pointe.

« Aujourd’hui nos vans ont du retard. Au lieu de recevoir mon stock cette nuit, qui aurait été dans les tablettes à l’ouverture, mes employés vont rentrer plus tard. C’est rien pour nous aider. Ça crée des embouteillages qu’on pourrait éviter. »

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