Homme décédé devant l’hôpital: la famille réclame plus de 1,4 M$

Homme décédé devant l’hôpital: la famille réclame plus de 1,4 M$

Le drame s'est déroulé devant la porte principale de l'hôpital de Sept-Îles.

Crédit photo : Archives Le Nord-Côtier

La famille de l’homme décédé devant l’hôpital de Sept-Îles en octobre 2015 poursuit le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord et le gouvernement pour plus de 1,4 million de dollars.

Vers 4h le 5 octobre 2015, Martin Collard, âgé de 36 ans, s’est retrouvé dans un état de crise devant les portes du centre hospitalier. Il était en sous-vêtements, courait et criait dans la rue.

Les policiers sont intervenus à la demande de l’hôpital et l’ont maîtrisé par une prise de l’encolure. Au moment de le menotter, ils ont réalisé qu’il avait perdu conscience et qu’il ne respirait plus. Ils ont demandé du renfort auprès du personnel médical de l’établissement qui a refusé de sortir.

La famille du défunt tient les policiers et l’hôpital pour responsable de son décès et réclame 1 410 000$ au Procureur général du Québec et au CISSS de la Côte-Nord.

La demande introductive d’instance, dont le Nord-Côtier a obtenu copie, a été déposée au palais de justice de Québec vendredi dernier, exactement trois ans après les faits.

«N’eut été des fautes commises par les défenderesses, l’arrêt cardio-respiratoire ainsi que le décès de M. Collard auraient été évités», y affirme la famille.

Souffrance morale

La fille, la sœur, les trois frères, le père et la mère de Martin Collard disent avoir été fortement affectés par les événements et par son départ prématuré. Ils réclament chacun des dommages moraux pour un montant combiné de 585 000$.

Gaétane Collard, la sœur de Martin, dit notamment souffrir d’un choc post-traumatique.

«J’ai encore l’image de mon frère étendu à deux pieds de la porte de l’hôpital, avec personne pour le soigner, c’est surréaliste», confiait-elle au Nord-Côtier, en août 2017, lors du dévoilement du rapport du coroner.

Selon la demande introductive d’instance, Martin Collard travaillait pour la Compagnie minière IOC et avait un revenu annuel d’environ 100 000$.

Sa fille unique, Sydney Mark Collard, qui aura 18 ans dans quelques jours, réclame 735 000$ en perte de soutien financier, en perte de capacité de gains et pour d’autres frais. Les parents du malheureux demandent chacun 90 000$ en perte de soutien financier futur.

La succession réclame aussi 20 000$ pour les souffrances subies par l’homme avant son décès et 10 000$ pour les frais funéraires.

Décès accidentel

Dans son rapport, le coroner Bernard Lefrançois conclut à un décès accidentel par arrêt cardio-respiratoire suite à la consommation de cocaïne.

«Le pathologiste considère comme très improbable que l’intervention policière ait contribué de quelque façon à l’arrêt cardio-respiratoire de la victime», relève-t-il.

M. Lefrançois indique que c’est à tort que le personnel de l’urgence croyait ne pas être autorisé à intervenir en dehors de l’hôpital.

«Par contre, nous ne croyons pas que cette décision ait eu un effet quelconque dans la situation de M. Collard puisque la coordonnatrice [et infirmière] du centre hospitalier s’est rendue au chevet de celui-ci afin de lui prodiguer les soins requis dans un délai relativement court. Le reste du personnel n’aurait pu le faire plus rapidement», nuance-t-il.

Le CISSS de la Côte-Nord et le Procureur général du Québec n’ont pas voulu commenter le dossier puisque celui-ci est devant les tribunaux.