Fin des commissions scolaires : une dangereuse concentration des pouvoirs

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Par Nicolas Dupont
Fin des commissions scolaires : une dangereuse concentration des pouvoirs
Claude Boulianne

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a déposé mardi passé son projet de loi pour réformer la gouvernance scolaire. Pour Claude Boulianne, commissaire scolaire depuis près de 20 ans, cette réforme constitue une dangereuse concentration des pouvoirs.

Intitulé Loi modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaire, le projet de loi 40 propose de transformer les commissions scolaires en centre de services scolaire.

Les conseils des commissaires seront notamment remplacés par des conseils d’administration. Ces conseils seront constitués de 12 à 14 membres et constitués par des parents d’élèves, des membres du personnel des écoles et de représentants de la communauté. Au lieu d’être élus, ils seront nommés par le ministre de l’Éducation.

Travail

Claude Boulianne est commissaire pour la Commission scolaire du fer depuis le début des années 2000. Il a commencé à s’impliquer sur les comités d’école de ses enfants puis comme commissaire. Il affirme avoir remporté toutes ses élections par acclamation à l’exception d’une seule.

« Beaucoup de gens croient qu’on fait seulement gérer l’argent, qu’on a une réunion de temps en temps. C’est plus que ça. Je siège sur six comités différents. Parfois j’ai trois réunions par semaine. Il faut voir à tout, tout comprendre. Que ce soit la gestion du transport ou des ressources humaines. Ça représente beaucoup de temps », affirme-t-il.

M. Boulianne a de la difficulté à croire qu’un conseil, constitué de bénévoles puisse fonctionner. « Les prochains qui vont prendre notre place je leur souhaite bonne chance. De façon générale, les parents ne restent pas, car c’est beaucoup de travail. »

Concentration

Pour M. Boulianne, le projet de loi 40 représente une concentration des pouvoirs entre les mains du ministre.

« Si ça passe, ce n’est plus les gens d’ici qui vont dévider, ça va être le gouvernement. Ils vont tout contrôler de A à Z. personnellement je trouve que c’est dangereux. Le ministre va pouvoir décider ce qu’il veut. S’il veut fusionner Sept-Îles, Havre-Saint-Pierre et Baie-Comeau, il va pouvoir le faire. Comme ils ont fait avec les hôpitaux. Et on n’aura pas un mot à dire », souligne-t-il.

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