Dossier Oreilles dégourdies: Sept-Îles et Port-Cartier, deux habitudes bien différentes

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Par Éditions Nordiques

À peine 40 minutes de route séparent Port-Cartier et Sept-Îles, et pourtant, le bilan est très différent lorsqu’on regarde la réponse du public pour les artistes dits émergents. Le Graffiti de Port-Cartier peut en effet compter sur un bassin très fidèle et qui ose. Si bien que pour un même artiste, la plus petite ville sera celle avec le plus grand nombre de spectateurs.

Même si les statistiques favorisent le Graffiti de Port-Cartier pour l’achalandage, son directeur général, Yves Desrosiers, se montre prudent. «Ça va relativement bien quand on fait de la relève. Mais ce n’est pas la même réaction en hiver et en été», relativise-t-il. En effet, l’été, les gens sont beaucoup plus ouverts à découvrir des artistes qu’ils ne connaissent pas.

Selon Yves, sa salle peut compter sur la présence d’environ 50 à 60 spectateurs l’hiver, 80 à 90 l’été, qu’importe l’artiste présenté. «Il y a des gens qui trouvent que 60, ce n’est pas beaucoup, mais non! C’est très bien pour un artiste de la relève! Quand on se compare, on est dans les plus performants.»

Le secret du Graffiti
Yves Desrosiers a-t-il trouvé la formule magique? Il ne croit pas. Néanmoins, il explique comment il tente de développer son public, et ainsi maintenir cette bonne moyenne au bâton. Depuis neuf ans, il fait énormément de groupes scolaires, ce qui développe un intérêt chez les jeunes et qui demeure une fois adulte.

Le directeur du Graffiti peaufine également ses programmations, qui sont très chargées l’été, une de ses forces et un de ses outils pour développer le public. Plus il y a de l’offre, plus les gens pourront trouver un artiste à leur goût durant l’une de leurs soirées de libre.

Est-ce là le secret de Port-Cartier, la programmation? Pas vraiment, puisque plusieurs artistes vont aussi à Sept-Îles… Il ne comprend pas, d’ailleurs, pourquoi les Oreilles dégourdies ne fonctionnent pas mieux à Sept-Îles. En fait, il croit tellement en cette formule qu’il croit qu’elle devrait être élargie à toute la province.

Voir aussi, dans le Dossier Oreilles dégourdies:
Dur dur de présenter des artistes émergents en région éloignée
Et si Sept-Îles avait son propre festival?
Où sont les jeunes?
Sortir du cadre habituel

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