Doris Nadeau lègue sa passion

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Par Karine Lachance
Doris Nadeau lègue sa passion
Doris Nadeau (à droite), avec celui qui assurera sa relève à Transit Sept-Îles lors de sa retraite en octobre prochain, David Leboeuf. (Photo : Le Nord-Côtier)

Lorsqu’on entre au centre d’hébergement Le Transit, un climat de quiétude et de sérénité nous submerge. Tout est bien rangé, ça sent bon, le personnel est accueillant, on se sent rapidement comme chez soi. Un petit nid douillet pour des gens qui ont besoin d’un moment de répit, avant de repartir pour voler de leurs propres ailes.

Une fois la porte franchie, ce qui peut être difficile pour certaines personnes, il suffit de monter quelques marches pour se retrouver devant la porte, toujours ouverte, du directeur de l’organisme, Doris Nadeau. Il accueille tous et chacun avec son sourire, son regard empreint d’empathie et de réconfort, leur permettant rapidement de se sentir les bienvenus.

«Au Transit, nous traitons les gens comme nous aimerions être traités. À la base, tous les humains sont bons, ce sont leurs problèmes qui les ont amenés où ils en sont et notre but est de les aider à les régler», raconte l’homme qui a reçu le prix de la «Personnalité masculine» lors du Gala Les Météores 2019, de la Chambre de commerce de Sept-Îles.

C’est en 2004 que Doris Nadeau s’est présenté, positif et motivé, devant le comité de relance de l’organisme Le Transit pour postuler à titre de directeur. Une offre qu’ils (les gens du comité de relance) ont acceptée et sont loin de regretter 15 ans plus tard. Depuis ce temps, c’est une moyenne de 250 personnes par année qui sont accueillies, là où elles en sont rendues, dans l’acceptation de leur condition.

Un cheval de bataille

Travailler dans le milieu communautaire, c’est défendre une cause, des idées, des valeurs. Le financement est un combat de tous les jours que M. Nadeau voit comme un défi stimulant, mais également une opportunité de travailler tous ensemble dans l’amélioration de la condition humaine.

Il considère que le milieu économique autant que le communautaire doivent travailler pour enrayer la pauvreté et ce, main dans la main.

«Au lieu de travailler en silo, il faut travailler tous ensemble. Je m’intéresse à tous les organismes et si eux vont bien, moi aussi je vais bien aller. C’est comme ça que j’ai bâti Le Transit, dans le respect et l’entraide. Si tu en as un peu, partage avec les autres», exprime M. Nadeau, qui prendra sa retraite en octobre 2019.

Le partage de connaissances

David Leboeuf, qui prendra la relève au poste de directeur en octobre, a mis les pieds au Transit pour la première fois il y a quelques années, à titre de stagiaire.

M. Nadeau a immédiatement senti qu’il était habité par la passion et le désir d’aider son prochain. Depuis déjà deux ans, le directeur actuel prépare son départ à la retraite et partage avec David ses expériences et connaissances qu’il a acquises tout au long de son parcours de vie. Il se sent en confiance et prêt à lui léguer une partie de lui, le considérant comme son propre fils.

«Je souhaite à tout le monde d’être coaché par un mentor, surtout quelqu’un de la trempe de cet homme. Il a compris la valeur de la transmission générationnelle pour les plus jeunes. Il est toujours disponible, il sait écouter et poser les bonnes questions pour te faire réfléchir», a partagé David Leboeuf, après que Le Transit ait reçu le prix «Relève» lors du Gala Les Météores 2019.
Doris Nadeau cèdera son poste de direction à l’automne avec le sentiment de léguer un organisme en santé et d’avoir accompli la plupart des objectifs qu’il s’était fixés.

«Le seul rêve que je n’aurai pas réalisé au cours de ma carrière, c’est d’avoir réussi à fermer Le Transit. Parce que si j’avais réussi, cela aurait voulu dire qu’il n’y aurait plus eu personnes dans le besoin. Si on travaille tous en ce sens, au lieu de toujours vouloir grossir, je pense qu’un jour on va réussir», exprime M. Nadeau.

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