Don Quichotte : Raconté aux enfants… et pourquoi pas, aux adultes

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Par Louise Savard
Don Quichotte : Raconté aux enfants… et pourquoi pas, aux adultes
Don Quichotte, le premier roman moderne, sera joué sur scène en 3 temps, 2 mouvements à Sept-Îles, Baie-Comeau et Havre Saint-Pierre. (Photo : courtoisie )

Depuis plus de 400 ans, l’œuvre Don Quichotte de l’Espagnol Miguel de Cervantès, roman épique considéré comme le premier roman moderne, eh oui! aura été joué, chanté, dansé, illustré à l’international dans toutes les langues et disciplines artistiques, dont le théâtre d’ombres et de marionnettes modernes qui s’adresse le plus souvent autant aux adultes qu’aux enfants. C’est ce que nous propose Quichotte en 3 temps, 2 mouvements ce mois-ci à Sept-Îles, Baie-Comeau et Havre-Saint-Pierre.

Les aventures du célèbre chevalier errant Don Quichotte, qui rêve de combattre le mal et les moulins à vent avec son fidèle écuyer Sancho Panza, ont été adaptées en théâtre d’ombres et de marionnettes par Maude Gareau, directrice artistique de la compagnie Ombres folles et son coéquipier Benjamin Déziel.

Un énorme défi pour les deux artistes, également marionnettistes et comédiens, quand on songe que l’œuvre de Cervantès fut, début 17e siècle, publiée en deux volumes à dix ans d’intervalle.

«Il n’était pas question que l’on parte d’un résumé ou d’une version plus courte. On a donc lu les deux tomes. Tranquillement, l’entonnoir s’est fait pour choisir les morceaux qu’on allait raconter», souligne Maude Gareau.

Mais justement en quoi l’œuvre de ce Don Quichotte qui rêvait et combattait un monde qui n’existe pas peut-il intéresser les enfants?

«Ce qui résonne de Don Quichotte et qui résonne encore aujourd’hui, le côté chevalier c’est indéniable, les petits garçons jouent encore à ça, mais outre cela, c’est le côté des illusions et comment on finit par vouloir être quelqu’un d’autre».

Ajoutant à ces propos que l’illustre chevalier enjambant Rossinante, son non moins célèbre cheval, cherche la gloire et la reconnaissance de façon telle qu’il en vient à transformer complètement la réalité, la directrice artistique y voit un parallèle avec les Facebook, YouTube, Instagram et compagnie..

«Je trouvais que ça résonnait avec les médias sociaux où on se fait des profils, on trafique nos photos, cherchant un peu une glorification de ce que l’on fait. On l’adresse aux 8 ans et plus, un âge où le côté social prend de l’importance dans nos vies et de plus en plus tôt comme je le vois avec les enfants».

En symbiose avec la marionnette, le théâtre d’ombres possède de plus l’attribut de se servir de peu pour nous découvrir tout autre chose.

En cela, il ajouterait à l’essence même du personnage et de son univers. «Avec Don Quichotte, le théâtre d’ombres peut prendre une dimension qui fait sens parce que ça devient ce que Don Quichotte croit, ce qu’il voudrait que soit la réalité».

Réaction du jeune public

«J’ai aimé ça parce que c’est drôle mais aussi parce que c’est triste». C’est le commentaire qui revenait le plus lors des représentations préliminaires avec des enfants.

Et, d’expliquer Maude Gareau, «ils aiment suivre un personnage qui est un peu loufoque, à qui il arrive toutes sortes de choses drôles, mais finalement ils se rendent compte que ce personnage porte une tristesse.» Parce que l’on rit dans l’adaptation de l’œuvre grâce aux propos du compagnon Sancho Panza qui est un peu le «comic relief» (personnage humoristique) de l’histoire, tentant constamment de ramener son maître à la raison.

À n’en pas douter Ombres folles propose une expérience théâtrale jeune public qui pourrait plaire à un plus vaste public. Don Quichotte en 3 temps, 2 mouvements est offert à la clientèle scolaire le 16 avril au Centre des arts de Baie-Comeau à 9h30 et 13h30, à la Salle de spectacle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles pour tout public le 18 avril à 9h30 et enfin à la Shed-à-Morue de Havre Saint-Pierre, le 23 avril uniquement au public scolaire.

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