Desserte maritime: Vers l’adoption d’une loi spéciale

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Par Fanny Lévesque
Desserte maritime: Vers l’adoption d’une loi spéciale
Jacob Girard (1108), aux avant-poste du départ du 10 km de l'Ultra-Trail Harricana du Canada. Le Port-Cartois de 15 ans a terminé deuxième de l'épreuve comptant plusieurs coureurs d'expérience et adultes.

La ministre du Travail, Dominique Vien, a déposé ce matin à l’Assemblée nationale, un projet de loi visant la reprise des services habituels de la desserte maritime du Bella-Desgagnés, dont les travailleurs sont en grève depuis mardi.

La députée de Duplessis, Lorraine Richard, appuyée de ses collègues du Parti québécois et ceux de la Coalition Avenir Québec, ont voté en faveur du projet de loi des libéraux. «J’appuie ce projet de loi, car à une situation exceptionnelle, il nous faut une solution exceptionnelle», a réagi Mme Richard, sur sa page Facebook.

«En Basse-Côte-Nord, la desserte maritime est à toute fin pratique un service essentiel. On ne peut laisser toute une population vivre dans l’incertitude et la précarité en raison d’un conflit de travail. Ce sont les élus de la région, maires et chefs autochtones, qui au nom de leurs citoyens, ont demandé une intervention extrêmement rapide», rappelle-t-elle.

Le projet de loi sera à l’étude et à moins «d’une entente de dernière minute, nous n’avons d’autres choix que de faire adopter cette loi d’exception», a rajouté la députée. Seuls les députés de Québec solidaire ont voté contre le projet de loi.

Le syndicat critique

Pour le syndicat des Métallos, qui représente la douzaine d’officiers en grève, le gouvernement «bafoue» le droit de négocier, après seulement 48 heures.

«Nous examinons nos recours légaux», a laissé savoir le directeur québécois, Alain Croteau. «C’est un affront à la liberté d’association. Le droit de grève et le droit de négocier sont protégés par les Chartes des droits et libertés. En déposant une telle loi, en court-circuitant la négociation, le gouvernement bafoue un droit fondamental».

Selon le syndicat, le conflit laissait «place à la négociation» puisque le transport des marchandises se faisait selon l’horaire normal jusqu’à la semaine du 20 juin «afin de permettre aux communautés de la Basse-Côte-Nord de faire des réserves».

Les officiers de navigation de la desserte maritime de la Basse-Côte-Nord ont déclenché lundi à 23h59 une grève légale pour une durée indéterminée. Les Métallos réclament que ses membres soient payés pour chacune des heures travaillées «ce que refuse l’employeur, le Relais Nordik, qui s’obstine à fonctionner avec un forfait journalier», déplore le syndicat.

 

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