Desserte maritime: La loi spéciale est adoptée

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Par Éditions Nordiques
Desserte maritime: La loi spéciale est adoptée
Jacob Girard (1108), aux avant-poste du départ du 10 km de l'Ultra-Trail Harricana du Canada. Le Port-Cartois de 15 ans a terminé deuxième de l'épreuve comptant plusieurs coureurs d'expérience et adultes.

Les élus de l’Assemblée nationale ont adopté, vendredi en fin d’après-midi, la loi spéciale décrétant le retour aux services habituels de la desserte maritime de la Basse-Côte-Nord par le Bella Desgagnés. La loi a été adoptée par 95 voix en faveur, alors que les trois députés de Québec solidaire se sont opposés.

C’est donc dire que la desserte maritime reviendra à ses services habituels dès samedi matin. La loi prévoit une période de médiation obligatoire de 120 jours pouvant être prolongée pour une période maximale de 60 jours à la demande du médiateur ou des parties. Les employés membres de la section locale 9599 du Syndicat des Métallos étaient en grève depuis mardi. Certains services jugés essentiels ont toutefois été maintenus par le Tribunal administratif du travail.

«Grâce à ce projet de loi, nous assurons la reprise des services habituels de Relais Nordik inc. Je souhaite maintenant que les parties arrivent à une entente négociée concernant le renouvellement de la convention collective», a déclaré la ministre du Travail, Dominique Vien. Celle-ci a remercié la députée de Duplessis, Lorraine Richard, pour sa collaboration.

Répercussions économiques

«Ce conflit de travail présentait d’importantes problématiques pour l’ensemble des habitants de la région. D’une part, ses répercussions économiques auraient pu être préoccupantes en rendant impossible le transport des produits de la pêche», a mentionné le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand.

Les 14 officiers de navigation réclament d’être payés pour chacune des heures travaillées. L’employeur, le Relais Nordik, offre pour sa part un forfait journalier. Selon les Métallos, le Bella Desgagnés demande plus d’heures de travail que l’ancien navire, le Nordik Express.

Les élus municipaux de la Basse-Côte-Nord et de la Minganie ont réclamé une loi spéciale pour mettre fin à la grève. Ils considéraient les services essentiels insuffisants. La ministre du Travail, Dominique Vien avait nommé lundi un conciliateur «afin d’aider les parties en négociation».

Les députés de Québec solidaire se sont opposés à la loi spéciale. Ceux-ci voulaient «empêcher le gouvernement de bafouer les droits des travailleurs». Selon la chef, Françoise David, «le gouvernement est toujours pressé pour brandir des lois spéciales lorsqu’il s’agit des débrayages des travailleurs et travailleuses, toujours plus pressé que lorsque les patrons font des lock-outs de mauvaises fois».

«Prématuré», selon les Métallos

«Nous, on pense que ce n’était pas nécessaire d’avoir une loi spéciale. Les services essentiels étaient assurés. Même si on était en grève, on ne l’était pas vraiment. Tous nos employés ont travaillé depuis mardi», a réagi le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

«Le droit de grève, c’est un droit qui est reconnu. Les employés n’ont violé aucune loi», continue M. Croteau. Le directeur des Métallos affirme que cette action est «prématurée, surtout qu’on sait qu’ils partent en vacances ce soir, messieurs et mesdames les ministres», en faisant référence à la fin de la session parlementaire à Québec.

Même si la médiation se poursuit pour renouveler le contrat de travail, Alain Croteau croit que l’adoption de cette loi spéciale fait en sorte qu’il n’y a «plus aucun rapport de force» pour les travailleurs. «L’employeur, il a les deux bras croisés. Les travailleurs ne peuvent plus faire la grève! On passe pour les gros méchants», a mentionné Alain Croteau. Le syndicat analysera ses options en vue de contester cette loi.

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