Décès à la Romaine-3: Hydro-Québec jugée coupable de manquements à la sécurité

Décès à la Romaine-3: Hydro-Québec jugée coupable de manquements à la sécurité

Steeve Barriault est décédé au chantier de la Romaine-3 en mars 2015.

Crédit photo : CNESST

Le tribunal a jugé Hydro-Québec coupable de ne pas avoir pris les mesures de protection nécessaires pour assurer la sécurité de feu Steeve Barriault au chantier de Romaine-3.

Le travailleur est mort noyé le 11 mars 2015 après que la pelle mécanique qu’il conduisait ait défoncé la glace et se soit enfoncée dans l’eau.

Dans sa décision rendue le 10 septembre dernier, le juge de paix magistrat François Paré considère qu’Hydro-Québec, à titre de maître d’œuvre des travaux, a omis de s’assurer que les méthodes de travail étaient sécuritaires.

Il lui reproche tout particulièrement de ne pas avoir pris les mesures de sécurité nécessaires relativement à la présence d’eau sous la glace et au risque de chute dans l’eau.

Il considère aussi que la société d’État n’a pas supervisé les travaux correctement. Elle n’a donc pas été raisonnablement diligente.

Il déclare Hydro-Québec coupable d’avoir contrevenu à la Loi sur la santé et la sécurité du travail.

L’audience sur la peine se tiendra le 29 novembre 2018. Hydro-Québec est passible d’une amende minimale de 16 124$ et maximale de 64 496$.

Eaux inconnues

Le 23 janvier 2015, près de trois semaines avant l’accident, Hydro-Québec avait fait enlever les pompes permettant d’évacuer l’eau du site des travaux. Cinq jours plus tard, une accumulation d’eau était constatée dans des cabanes électriques.

«La présence d’eau sur le site ne fait l’objet d’aucune considération particulière malgré l’enlèvement des pompes», constate le juge de paix magistrat.

Cette lacune et la surveillance déficiente d’Hydro-Québec sont d’autant plus graves qu’il s’agissait du premier quart de travail à cet endroit depuis l’enlèvement des pompes.

Les travaux en question consistaient à construire une rampe d’accès vers le fond du canal de fuite pour aller récupérer des débris de dynamitage.

«Faut-il le souligner, la méthode n’avait pas un caractère répétitif. Elle n’est pas destinée à l’accomplissement de travaux journaliers. Elle vise à évaluer le potentiel de danger à un endroit précis, d’où l’importance du suivi immédiat du maître d’œuvre», ajoute-t-il.

Appel

Les procureurs d’Hydro-Québec ont déposé un avis d’appel du jugement dans les derniers jours. Aucune date de présentation n’a encore été fixée.

«C’est une tragédie ce décès-là», déplore Francis Labbé, porte-parole pour Hydro-Québec. «Mais en termes judiciaires, on n’est pas d’accord avec les conclusions du juge dans ce dossier-là.»

La CNESST n’a pas voulu commenter le jugement, en raison de la procédure d’appel.

En lien avec les mêmes évènements, la famille du défunt a intenté en mars 2018 une poursuite civile contre Hydro-Québec. Elle y réclame près de 4 000 000$.