Brume sur le projet éolien Apuiat

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Par Mathieu Morasse
Brume sur le projet éolien Apuiat
Le premier ministre François Legault et son équipe discutent du projet éolien Apuiat avec les chefs innus le 29 novembre 2018 à Québec. (Photo : Émilie Nadeau)

Beaucoup de vent a soufflé dans les arbres depuis la dernière visite de François Legault à Sept-Îles, il y a un an presque jour pour jour. Depuis, l’horizon s’est assombri puis éclairci pour le projet éolien Apuiat, avant de se perdre quelque peu dans la brume. Et pendant ce temps, les chefs de la Nation innue demeurent résolument unis derrière le projet.

Le 13 août 2018, à l’aube du déclenchement de la campagne électorale, le chef de la Coalition avenir Québec s’est déplacé à Port-Cartier et à Sept-Îles pour faire face à la musique concernant son opposition au projet Apuiat.

Élu premier ministre du Québec le 1er octobre, il a ensuite modifié sa position lors d’une rencontre avec les chefs innus le 29 novembre 2018.

«Il a été mentionné lors de la rencontre que le projet Apuiat serait le premier projet à être réalisé une fois que les surplus d’Hydro-Québec seront épuisés», indiquait alors la Nation innue, qui regroupe les neuf communautés innues du Québec.

Évaluation de surplus

Après avoir été au centre de la campagne électorale québécoise, le projet éolien Apuiat est sorti du radar pendant les débats sur les projets de loi sur l’immigration et sur la laïcité de l’État. Pendant ce temps, aucune évaluation des surplus énergétiques d’Hydro-Québec n’aurait été entamée.

Or, il s’agit du principal critère évoqué par le premier ministre et les Innus contestent les évaluations de la société d’État.

«Il a été discuté avec le premier ministre qu’un expert indépendant analysera la situation véritable des surplus et qu’une entente formelle, qui engagera le gouvernement à réaliser le projet, lui sera proposée», écrivait pourtant la Nation innue le 29 novembre dernier.

Alors que François Legault sera de passage à Sept-Îles le jeudi 15 août 2019, les représentants de la Nation innue n’ont pas voulu commenter l’état actuel des négociations avec le gouvernement et Hydro-Québec.

«Nous [les chefs innus] nous sommes rencontrés le 1er août dernier et sommes toujours solidaires dans ce projet», a simplement déclaré le chef d’Essipit, Martin Dufour.

Le projet d’éoliennes Apuiat serait situé sur le Nitassinan (territoire traditionnel) de Uashat mak Mani-Utenam, près de Rivière-Pentecôte, à l’ouest de Port-Cartier. Il est issu d’un partenariat entre la Nation innue, qui regroupe les neuf communautés innues du Québec, et la compagnie Boralex.

Les redevances et retombées du projet de 200 MW bénéficieraient aux communautés innues et à la municipalité de Port-Cartier.

Hydro-Québec s’oppose à sa réalisation, principalement au motif que le coût de production de l’électricité générée par les 48 à 57 éoliennes serait trop élevé.

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