Un béluga égaré à Saint-Augustin

Un béluga égaré à Saint-Augustin

Le béluga observé près de Saint-Augustin n’était pas connu des scientifiques et observateurs québécois.

Crédit photo : GREMM

Un béluga fréquente les eaux du secteur de Saint-Augustin depuis plus de deux semaines. La population est invitée à éviter tout contact avec l’animal pour favoriser son retour auprès des siens.

La première observation du béluga a été rapportée au Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) le 23 juin dernier. La dernière observation rapportée remonte au 6 juillet, mais il pourrait encore se trouver dans le secteur.

Selon Robert Michaud, coordonnateur du RQUMM, de telles situations se produisent peu souvent, mais tout de même régulièrement. L’homme étudie les bélugas depuis 35 ans et est aussi directeur scientifique et président du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM).

Le béluga est une espèce très sociale dont les individus interagissent beaucoup entre eux. Lorsqu’ils se retrouvent seuls, ils ont tendance à chercher de la compagnie ou des interactions avec des humains, des bateaux ou même des bouées. Ils sont connus pour développer et suivre des habitudes.

À partir des images reçues, il estime que l’animal observé serait un jeune âgé entre 3 et 6 ans. Les femelles deviennent sexuellement matures vers 10 ans et les mâles, vers 12 ou 14 ans.

«À cet âge-là, le béluga devrait être dans un groupe et en interaction presque continue avec les autres bélugas», indique-t-il.

Éviter tout contact

Le béluga observé à Saint-Augustin aurait entre autres montré de l’intérêt pour les bateaux. Robert Michaud exhorte toutefois les gens à ne pas approcher l’animal. Des affiches à cet effet ont été placées dans divers commerces à Saint-Augustin et le message a été relayé à divers médias.

La première raison est pour ne pas renforcer son comportement et son intérêt envers les humains. La seconde raison est pour éviter un événement malheureux, telle une collision avec un bateau ou un coup d’hélice.

«On demande aux gens leur collaboration», dit-il.

Le coordonnateur demande aussi au public de rapporter ses observations à Urgences Mammifères Marins au  1-877-7BALEINE (1-877-722-5346).

Provenance inconnue

L’individu observé près de Saint-Augustin n’était pas connu des scientifiques et observateurs québécois. Robert Michaud pense que le béluga observé appartient possiblement à une des populations du Nord, plutôt qu’à la population du Saint-Laurent.

Les bélugas des populations du Nord passent l’été dans la baie d’Hudson, au sud de la Terre de Baffin, ou dans la baie d’Ungava. Plusieurs descendent le long de la côte du Labrador chaque printemps. Les individus de cette population sont peu observés vu l’éloignement de leur habitat.

«Il est possible qu’au printemps, un béluga qui aurait perdu son groupe ait poursuivi un peu plus loin au sud et se serait retrouvé dans le coin de Saint-Augustin. C’est notre principale hypothèse», mentionne-t-il.

Les bélugas de la population du fleuve Saint-Laurent passent l’été dans l’estuaire et l’hiver dans le golfe. Ils sont souvent observés et les observateurs et scientifiques québécois ont un catalogue de photos qui permet d’identifier presque chaque individu.

Selon les analyses génétiques effectuées et les données scientifiques disponibles, les populations du Nord et du Saint-Laurent n’auraient que peu ou pas d’interactions et d’échanges entre elles.

Aucune balise GPS n’a été fixée au béluga de Saint-Augustin, entre autres pour éviter de le blesser.