Accident à Tadoussac : la Société du pont sur le Saguenay n’est pas surprise

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Par Steeve Paradis
Accident à Tadoussac : la Société du pont sur le Saguenay n’est pas surprise
Pour la Société du pont sur le Saguenay, l’accident de dimanche sur le traversier était un « drame prévisible ». (Photo : courtoisie )

Un « drame prévisible ». Voilà la première réaction du président de la Société du pont sur le Saguenay, Marc Gilbert, au lendemain de l’accident qui a fait au moins une victime sur le traversier reliant Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.

« Ça fait plusieurs fois qu’on explique ça à tous les intervenants dans le dossier qu’un jour ou l’autre, il arriverait un désastre dans le bas d’une côté comme celle de Tadoussac ou celle de Baie-Sainte-Catherine, pleine de courbes extrêmes. C’était malheureusement un drame prévisible », a déclaré M. Gilbert.

Rappelons que dimanche midi, un motorisé a manqué de freins dans la côte du Bateau-Passeur, qui mène au débarcadère de Tadoussac de la Société des traversiers du Québec (STQ). Le conducteur n’a vraisemblablement jamais vu le lit d’arrêt qui se trouve à droite de la chaussée. Le véhicule a pris la rampe d’accès au traversier, qui était relevé, et après un vol plané spectaculaire, a percuté le bout du pont du Jos-Deschênes II, qui venait de quitter le quai.

Marc Gilbert souligne au passage que cette tragédie « aurait pu être bien pire » si le traversier ne venait pas de quitter le quai au moment de l’accident. « Le véhicule aurait foncé dans les voitures et les gens sur le pont. C’est pratiquement un miracle qu’il n’y ait pas plus de décès », a ajouté le président de l’organisme. « Imaginez ce que ça pourrait être s’il s’agissait d’un camion d’essence », a-t-il enchaîné.

« Quelqu’un qui ne vient pas du coin ignore qu’il doit rester à droite pour le lit d’arrêt », de faire valoir le porte-parole, qui soutient que quoi que les autorités fassent, « il y aura toujours une côte à cet endroit ».

L’identité de la victime a été dévoilée. Il s’agit d’un homme de 40 ans de Laval, Éric Belec. La passagère, une femme de 40 ans de Lévis, lutte toujours pour sa vie au moment d’écrire ces lignes. « Voilà un autre élément, cette fois tragique, qui milite en faveur du pont », d’ajouter M. Gilbert.

Rappelons, pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore, que la Société du pont sur le Saguenay milite pour la construction d’un pont afin de remplacer les traversiers actuels. L’éventuel pont ne sera toutefois pas construit où sont situées les installations d’embarquement de la STQ, mais un peu plus au nord.

Pertinence d’un pont

Le député Martin Ouellet abonde dans le même sens que Marc Gilbert. « Plus que jamais, la pertinence de la construction d’un pont sur le Saguenay afin d’accroître la sécurité sur la route 138 est démontrée encore une fois avec ce triste événement », a affirmé le député de René-Lévesque.

Ce dernier dit craindre que les images de l’accident portent ombrage à la Côte-Nord avec le début de la saison estivale. Il a d’ailleurs interpellé le président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut, afin qu’un navire vienne rapidement en relève.

La demande de M. Ouellet n’a cependant pas eu à être relevée, car le Jos-Deschênes II a repris du service dès ce mardi après-midi, les bris subis ne nuisant pas à sa navigabilité.

Pour sa part, la coalition Union 138 réclame une enquête publique du coroner sur ce drame.

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