Roberto Stea veut ramener la voix de Duplessis à Québec

Par Léo Langlois 4:00 PM - 2 octobre 2026
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Roberto Stea se décrit comme un candidat différent du reste de son parti. Photo Léo Langlois

Après une première campagne en 2022, Roberto Stéa se présente de nouveau sous la bannière du Parti conservateur du Québec dans Duplessis. Pour lui, les enjeux de la circonscription passent notamment par une plus grande décentralisation, le soutien aux organismes communautaires et le développement des ressources naturelles.

Originaire de Sept-Îles, le candidat est le fils d’un immigrant italien et d’une mère de Longue-Pointe-de-Mingan. Il travaille depuis une trentaine d’années en développement économique et régional. Son parcours politique a commencé à 18 ans, dans l’aile jeunesse du Parti québécois de Duplessis, où il a notamment côtoyé l’ancien député Denis Perron. Il a aussi été membre du Bloc québécois avant de se joindre au PCQ.

Son expérience comme fonctionnaire aux niveaux fédéral et provincial l’a particulièrement sensibilisé au fonctionnement de l’État. C’est d’ailleurs l’un des principaux éléments qui L’ont attiré vers le parti.

« C’est un mammouth au Québec, la bureaucratie », lance-t-il.

Roberto Stea estime que les régions ont progressivement perdu une partie de leur expertise et de leurs pouvoirs décisionnels au profit des grands centres. Il cite notamment la diminution des effectifs dans les bureaux gouvernementaux régionaux.

« On est tout nu. On a perdu notre expertise, nos compétences, nos pouvoirs décisionnels », affirme-t-il.

Parler plus fort pour Duplessis

Cette expérience nourrit sa volonté de faire davantage les particularités de la circonscription à l’Assemblée nationale. Pour lui, l’immensité du territoire demeure mal comprise à Québec.

« 99,9 % des gens ne connaissent pas Duplessis. Ils n’ont aucune idée de la réalité à Schefferville ou à Blanc-Sablon », souligne-t-il.

Il souhaite donc adopter une approche plus combative que celle qu’il associe à certains élus régionaux du passé.

« Il faut parler fort », résume le candidat, qui dit vouloir porter ce discours directement à Québec.

Cette deuxième campagne lui permet également de revoir sa façon de communiquer. Plutôt que de miser principalement sur les rassemblements et les apparitions publiques, il utilise beaucoup les réseaux sociaux, notamment Facebook. Il dit y voir un moyen efficace de rejoindre les électeurs d’une circonscription où les distances compliquent les déplacements.

« Il y a des endroits où je ne me rendrais même pas. Je voulais aller à Blanc-Sablon, je ne peux pas m’y rendre. Mais par contre, le réseau social Facebook me permet de rejoindre le plus de monde notamment avec mes capsules vidéos », explique-t-il.

Des organismes à soutenir

L’itinérance et les problèmes sociaux occupent également une place dans son discours. Roberto Stea dit avoir rencontré les organismes qui interviennent directement auprès des personnes en situation de vulnérabilité.

Il cite notamment le Rond-Point, la Maison des femmes et des organismes de réinsertion sociale. Son intérêt pour ces ressources est aussi personnel : il affirme avoir lui-même reçu de l’aide d’un organisme d’employabilité au début de sa carrière.

« Ma première job, c’est avec eux. […] Ils m’ont aidé à me trouver un emploi. Ça a marché », raconte-t-il.

À ses yeux, ces organismes jouent un rôle qui dépasse celui des services publics traditionnels, particulièrement auprès des personnes qui se retrouvent sans soutien.

« C’est même plus le dernier maillon du filet social. Quand tu es tombé en dehors du filet social, ils sont là », dit-il.

Il souhaite ainsi que davantage de ressources soient dirigées vers ces structures plutôt que vers leur fonctionnement administratif.

Ressources naturelles et environnement

Sur le plan économique, Roberto Stea se dit favorable à l’exploitation des ressources naturelles, à condition que les projets obtiennent l’adhésion des communautés concernées.

« La condition sine qua non, c’est l’acceptabilité sociale », affirme-t-il.

Il souhaite notamment que les citoyens, les entreprises, les gouvernements et les communautés autochtones puissent être davantage impliqués dans les discussions entourant les projets.

Son discours environnemental s’appuie également sur son propre parcours. Après avoir travaillé plusieurs étés en reboisement, il a étudié en géographie et en aménagement et s’est impliqué dans différents organismes environnementaux.

Il dit notamment être préoccupé par l’érosion des berges, l’évolution du milieu marin et la situation des forêts.

« Quand j’étais jeune, on pêchait de la morue, de la plie. Il n’y a plus ça. […] Ça change », constate-t-il.

Pour lui, ces enjeux doivent toutefois être abordés en fonction des réalités propres à la Côte-Nord plutôt qu’à partir d’un modèle conçu pour les grands centres.

À l’approche du scrutin, Roberto Stea entend donc continuer à miser sur un discours centré sur les particularités de Duplessis et sur une présence directe auprès des électeurs.

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