« Je veux un plus beau Québec pour ma fille », dit Jani Bellefleur-Kaltush. « Un Québec plus inclusif », poursuit la femme issue du monde du cinéma.
Son mari est un immigrant du Maroc. Sa fille a donc à la fois des origines innues et marocaines.
« Il faudrait plus de gens autochtones à l’Assemblée nationale », plaide-t-elle. « Pour avoir plus de perspectives différentes. »
Elle aimerait que les Premières Nations s’informent davantage sur la politique.
« On pourrait commencer par là : s’informer, se questionner, parce qu’on est quand même dans une situation complexe. Nous, les Premières Nations, on relève du niveau fédéral, mais on vit dans des lois d’un cadre québécois », souligne-t-elle.
Son approche envers les autres partis et idéaux est tout sauf composée de colère, dit-elle, un thé à la main.
« Si je veux que les gens aient une ouverture d’esprit, il faut que j’en montre moi aussi. Ça va dans les deux sens. »
Des voyages
Le Pérou, la Colombie, Bali, l’Allemagne, la France… Jani Bellefleur-Kaltush a voyagé un peu partout sur la planète, dans le cadre de son travail en cinéma. Elle est allée à la rencontre de communautés qui l’ont inspirée.
« Ce qui est le fun aussi, c’est que lorsque tu sors des grands centres et que tu vas dans les régions rurales [en voyage], ça ressemble beaucoup aux communautés. C’est vraiment l’ouverture, les rires, les taquineries, le sentiment de communauté », dit-elle.
Pourquoi pas
« Je ne voulais rien savoir de la politique. Je n’étais pas intéressée par la politique. Je ne voulais pas m’impliquer dans la politique », rapporte-t-elle, à propos de son état d’esprit de l’époque pré-Covid.
Puis, pendant la pandémie, elle a vu passer des publicités de Québec solidaire sur les réseaux sociaux.
« Je n’avais rien à faire. Je me suis dit : je vais regarder ! »
Elle a réalisé que plusieurs de ses valeurs correspondaient à celles du parti.
« Tant qu’à rien faire, je vais devenir membre de parti politique ! », raconte-t-elle candidement.
Un an plus tard, Québec solidaire l’a approché pour être membre de la Commission nationale autochtone.
« Le parti, quand il veut développer des programmes, des idées par rapport aux Premières Nations, il va consulter sa Commission nationale autochtone », explique Mme Bellefleur-Kaltush.
D’ailleurs, elle précise avoir pris le temps de regarder les propositions des autres partis politiques. Or, pour elle, le choix est clair.
« Ils [Québec solidaire] reconnaissent le racisme systémique, le principe de Joyce, ils aimeraient ça l’appliquer. Si un jour, il y a la question de l’indépendance du Québec, bien, les Premières Nations, on est aux premières loges », fait-elle valoir.
À travers son implication, Mme Bellefleur-Kaltush voit aussi une façon de contribuer à faire tomber les idées préconçues face aux Premières Nations, en allant à la rencontre de l’autre. Elle souligne d’ailleurs être la première femme de sa communauté de Nutashkuan à se présenter en politique provinciale.
Elle dit aussi être inspirée par le parcours de son adversaire caquiste, Kateri Champagne Jourdain.
« Si on enlève tout le contexte politique, c’est une femme innue qui est arrivée à l’Assemblée nationale. Elle a été ministre. C’est quand même impressionnant son parcours. »
Peu importe la finalité de cette élection, Jani Bellefleur-Kaltush a bien l’intention de continuer son chemin en politique et même de se représenter lors d’une éventuelle prochaine élection.
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