Déplacement des campements : Le Rond-Point demande une politique claire à la Ville
Centre d'intervention le Rond-Point Photo Vincent Rioux-Berrouard
Le Rond-Point demande à la Ville de Sept-Îles de se doter d’une politique claire concernant les campements de personnes en situation d’itinérances, alors que les déplacements se multiplient et que les températures commencent à chuter.
Pour Alexandre Deschênes, intervenant au Rond-Point, les déplacements ponctuels ne permettent pas de régler le problème.
« Tant aussi longtemps qu’on n’a pas d’endroit clair pour les déplacer, on joue au jeu de la souris. C’est excessivement anxiogène pour les gens qui sont déplacés », affirme-t-il.
Il estime que la Ville doit établir une ligne directrice prévisible, plutôt que d’intervenir au cas par cas en fonction des événements ou des plaintes.
Le sentiment de sécurité
Selon M. Deschênes, la question du sentiment de sécurité ne devrait pas être le seul élément pris en compte dans les décisions concernant les campements.
« Le sentiment de sécurité est propre à chacun et à chacune […] Ça veut dire que n’importe qui peut dire “ah, j’ai peur”, ça y est, on démantèle », explique-t-il.
Il rappelle toutefois que la sécurité doit être considérée pour l’ensemble des personnes concernées, y compris celles qui vivent dans les campements.
« Quand on parle de sécurité, on n’a pas le choix de prendre en ligne de compte la sécurité de tous et toutes, dont des campeurs. »
Le Rond-Point veut accompagner, pas expulser
Lorsque des déplacements sont effectués, Le Rond-Point peut offrir du soutien aux personnes concernées, mais l’organisme ne veut pas devenir un outil pour déplacer les campements.
« Nous, on n’a pas le mandat d’aller à l’encontre des droits de la personne et des bonnes pratiques dans la façon de faire », précise Alexandre Deschênes.

Il raconte notamment le cas d’une personne qui a dû déplacer son campement à trois reprises en quelques heures, notamment en raison de terrains privés.
Pour lui, ces déplacements répétés rendent encore plus difficile la sortie de l’itinérance.
« C’est impossible de se sortir d’une situation comme ça sans stabilité. »
Plusieurs endroits plutôt qu’un seul
Le Rond-Point souhaite plutôt que plusieurs endroits puissent être identifiés pour accueillir les campements, en collaboration avec les différents acteurs du milieu.
« Ce qu’on demande, ce n’est pas une seule zone, mais cinq, six, sept endroits où les gens peuvent aller par affiliation », propose M. Deschênes.
Des navettes pourraient également être envisagées afin de maintenir l’accès aux services.
L’organisme a par ailleurs mis sur pied un comité d’usagers afin d’inclure les personnes directement concernées dans les discussions.
« Mon but, c’est de m’assurer que les droits humains sont au centre des défis. […] Ce n’est pas grand-chose qu’on demande : une politique cohérente et claire pour qu’on puisse travailler autour et que le monde se fasse entendre », conclut Alexandre Deschênes.
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