La Côte-Nord ignorée par les chefs des partis politiques
Aucun chef de parti politique n'a traversé la rivière Saguenay afin de venir sur la Côte-Nord depuis le début de la campagne électorale au Québec. Photo Renaud Cyr
Les élus de la Côte-Nord dénoncent l’absence des chefs de parti politique qui n’ont pas foulé le sol nord-côtier depuis le début de la campagne, il y a près d’un mois.
« Il y a une déception, qui se transforme en mécontentement », affirme la présidente par intérim de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord, Micheline Anctil. « Ce qu’on ressent à l’heure actuelle, c’est qu’il n’y a pas d’intérêt pour aucun des chefs à venir à notre rencontre. »
En campagne, la visite d’un chef politique est une occasion d’échanger avec les élus et d’entendre les préoccupations des citoyens nord-côtiers.
« Faire une visite [sur la Côte-Nord], c’est une reconnaissance à une région qui est un géant de l’économie du Québec. Le minimum, c’est de venir mettre les pieds sur la Côte-Nord », dit Mme Anctil, mettant de l’avant l’importance de la Côte-Nord pour le développement énergétique et la présence d’infrastructures portuaires majeures.
Elle rappelle au passage que le Québec, ce n’est pas seulement les villes de Québec et Montréal. Il doit y avoir une place pour les régions, croit-elle.
L’Assemblée des MRC de la Côte-Nord lance l’invitation aux chefs des partis politiques à venir dans la région alors qu’il reste une dizaine de jours à la campagne.
En 2022, deux chefs des partis principaux avaient fait des arrêts sur la Côte-Nord. Il s’agissait de François Legault de la Coalition avenir Québec et de Paul Saint-Pierre Plamondon du Parti québécois.
Revendications
Les revendications sont grandes sur la Côte-Nord et les élus nord-côtiers espéraient profiter de la campagne pour discuter avec les chefs de l’étude socioéconomique démontrant l’existence d’un important déficit fiscal dans la région. Selon le document dévoilé en début de campagne électorale, la Côte-Nord génère 1,7 milliard de dollars en revenus fiscaux et parafiscaux pour le Québec, alors que les municipalités de la région n’en reçoivent qu’entre 742 et 811 millions en retour.
Les élus et les chefs des communautés autochtones de la Côte-Nord demandent la création du programme Essor Côte-Nord-Nitassinan. Il vise à établir de nouvelles relations entre le gouvernement du Québec, les préfets de la Côte-Nord et les représentants de la Nation innue. La fin des politiques « mur à mur » et une meilleure consultation régionale sont au cœur des priorités de ce programme.
Mme Anctil rappelle que ce programme pourrait contribuer à s’attaquer au déclin démographique qui touche la région et réduire le navettage.
« On veut des citoyens qui viennent s’implanter sur la Côte-Nord et qui contribuent à la vitalité de la Côte-Nord », dit-elle.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.