Une baleine du Portugal vient faire la « rumba » à Sept-Îles
Une des baleines noires de l’Atlantique Nord observées dans les derniers jours, au large de Sept-Îles. Photo Station de recherche des îles Mingan
Des baleines noires de l’Atlantique Nord ont été observées au large de Sept-Îles dans les derniers jours, de la visite rare pour une espèce gravement menacée d’extinction qui a pour effet de déclencher les mesures de protection prévues par Pêches et Océans Canada.
Avec ses quelque 375 spécimens au total sur la planète, la baleine noire d’Atlantique Nord se fait rare. Lorsqu’on l’observe dans les eaux du Saint-Laurent, c’est plutôt généralement autour de l’île d’Anticosti et en Gaspésie.
Sa présence au large de Sept-Îles est très rare, confirme Jacques Gélineau, collaborateur à la Station de recherche des îles Mingan. Le réchauffement des eaux n’est pas étranger à cette observation. La baleine suit sa nourriture, qui elle se déplace à la recherche d’eau plus froide.
La Garde côtière a été avisée. Pêches et Océans Canada a émis un avis d’interdiction de pêche temporaire et les navires doivent réduire leur vitesse dans le secteur, en vertu de l’arrêté d’urgence de 2026 visant la protection des baleines noires de l’Atlantique Nord dans le golfe du Saint — Laurent.

Il y a de l’action près de Sept-Îles, en cette fin septembre. En plus de trois baleines noires de l’Atlantique Nord, au moins sept baleines à bosse ont été aperçues notamment non loin de Moisie.
Du Portugal à Sept-Îles
C’est aussi la période de reproduction des baleines bleues. Fait particulier, un des chercheurs de passage à la Station de recherche des îles Mingan a pu formellement identifier une baleine bleu venue des îles Açores au Portugal pour faire une « rumba » à Sept-Îles. C’est ainsi qu’on surnomme des courses entre mâles pour devenir l’escorte d’une femelle. Ce comportement est généralement observé durant l’automne.
Toutes ces observations particulières viennent renforcer la pertinence du projet d’aire protégée marine de la Station de recherche des îles Mingan, souligne Jacques Gélineau. Rappelons qu’il a été soumis dans le cadre de l’appel à projets du gouvernement québécois, qui vise la protection de 30 % du territoire d’ici 2030.
Le projet englobe la région de Port-Cartier/Sept-Îles et s’étendrait à une distance de quinze milles nautiques au large de ses rives entre l’Ile-aux-Œufs et Moisie.
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