Travaux d’urgence à l’église de Rivière-au-Tonnerre
Les fenêtres de l’église de Rivière-au-Tonnerre ont été calfeutrées la fin de semaine dernière. Photo courtoisie
La peinture bleu ciel lève sur les murs ici et là. Il faut mettre des chaudières pour recueillir l’eau qui s’infiltre. On peut en apercevoir jusque dans les luminaires, s’inquiète Nathalie Cloutier, membre du Comité Histoire et Patrimoine de Rivière-au-Tonnerre.
Un comité de citoyens prend les choses en main et espère sauver l’église de Rivière-au-Tonnerre qui a besoin rapidement de travaux pour éviter le pire. Si une chaîne de généreux bénévoles a permis la réalisation de travaux d’urgence le week-end dernier, il en faudra plus pour préserver à long terme ce joyau à l’architecture unique.

Des fenêtres du bâtiment de bois sont recouvertes d’un plastique qui tient avec du ruban de construction rouge vif. L’image évoque la précarité de l’église construite par quelque 300 bénévoles locaux, il y a plus de 100 ans. Ils ont taillé au canif la soixantaine de motifs qui ornent la voûte de huit mètres, carte de visite de ce bâtiment sacré digne d’une œuvre d’art.
« Lorsqu’il pleut, c’est la course aux bâches pour protéger le plancher », lance Nathalie Cloutier, évoquant aussi un épisode d’infiltration d’eau qui a eu pour effet de rendre les tapis de l’autel imbibés.

L’organisme sans but lucratif Comité Histoire et Patrimoine de Rivière-au-Tonnerre a été fondé en mars dernier. Il s’est donné comme mission de « faire rayonner l’histoire des différents noyaux résidentiels qui composent la Municipalité de Rivière-au-Tonnerre et de préserver son patrimoine ».
L’église Saint-Hippolyte a fait l’objet d’une restauration dans les années 70′, mais des décennies plus tard, la liste de ses besoins est longue et surtout coûteuse.

En 2022-2023, un « carnet de santé » faisant état des travaux requis pour faire la réfection du bâtiment tout en préservant le patrimoine évaluait le projet à 4 M$, rapporte Mme Cloutier.
« À ce jour, on peut s’imaginer que ça va certainement dépasser les 6 M$ », dit-elle.

La fin de semaine dernière, une chaîne de personnes ayant mis la main à la pâte a permis un colmatage pour éviter que la situation ne dégénère avec l’hiver qui approche. Un entrepreneur est même venu de Trois-Pistoles pour aider. Le garage Poulin du village a fourni gratuitement le transport d’une nacelle, prêtée gracieusement par une autre compagnie.
Le toit démuni de bardeau à certains endroits a pu être protégé.

« Ce sont tous nos arrière-grands-parents, ou on a tous quelqu’un dans notre famille qui a construit cette église-là (…) Nous avons un attachement sentimental, mais elle a vraiment une valeur historique et architecturale incroyable. Ce qu’on souhaite, c’est qu’elle soit préservée et nous allons travailler fort comme communauté et régionalement pour organiser des activités, des événements puis la rendre autonome », assure Mme Cloutier.
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