Baie-Comeau : la sécurité ébranlée au pavillon Richelieu
Le pavillon Richelieu est au cœur de préoccupations syndicales concernant les mesures de sécurité depuis la saisie d’un pistolet à plomb sur un adolescent, le 13 septembre Photo Anne-Sophie Paquet-T.
Plusieurs travailleurs ne veulent plus œuvrer dans une unité du pavillon Richelieu depuis la saisie d’un pistolet à plomb sur un adolescent, alors que les syndicats réclament un resserrement des mesures de sécurité.
L’intervention policière du 13 septembre continue de secouer le Centre de réadaptation pour les jeunes en difficulté d’adaptation Richelieu, à Baie-Comeau.
Plusieurs travailleurs ont signifié qu’ils ne voulaient pas travailler dans une unité en raison d’enjeux de sécurité, confirme Mylaine Larocque, présidente de l’exécutif local de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) Côte-Nord.
Elle dit avoir travaillé avec l’employeur dans les jours suivants afin de sécuriser le milieu tout en maintenant les services aux jeunes. Elle a aussi reçu des informations voulant que certains travailleurs soient en arrêt ou songent à l’être, sans pouvoir le confirmer.
Un pistolet saisi
La Sûreté du Québec est intervenue vers 20 h, le 13 septembre, après avoir reçu une information selon laquelle un jeune pouvait être en possession d’une arme à feu. Les autres résidents ont été mis en sécurité et un pistolet à plomb a été saisi sur l’adolescent.
Le jeune a été arrêté, puis remis en liberté. La SQ n’a pas précisé s’il avait posé un geste ou proféré des menaces avec l’objet. Le dossier doit être soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui déterminera si des accusations seront déposées. La SQ n’était toutefois pas en mesure de confirmer au Manic si cette étape avait déjà été franchie.
Une fouille avait été demandée
Avant l’arrivée des policiers, une fouille avait été demandée, selon l’APTS. « Les intervenants ont eu la consigne de continuer à demander la collaboration parce qu’il n’y avait pas tous les éléments pour faire une fouille à ce moment-là », explique Mme Larocque.
Selon le syndicat, l’adolescent ne consentait pas à la fouille. Santé Québec Côte-Nord rappelle qu’une fouille ne peut être systématique. Un « motif raisonnable et suffisant » de croire qu’un jeune possède un objet ou une substance pouvant compromettre sa sécurité ou celle d’autrui est nécessaire.
L’APTS demande une révision du processus, sans réclamer le retour des fouilles systématiques. « On ne veut pas que la dignité des jeunes soit remise en cause, mais on veut que la sécurité de tous puisse être assurée », soutient Mme Larocque.
Le détecteur toujours sur place
Le détecteur de métal est également au cœur des préoccupations. Santé Québec précise que l’appareil n’a pas été retiré du centre jeunesse. « Les détecteurs de métal sont toujours dans le centre jeunesse et ils sont utilisables », indique l’organisation, qui précise que leur utilisation n’est toutefois plus systématique.
Des intervenants spécialisés en pacification et en sécurité (ISPS) soutiennent cependant que leur recours au détecteur est devenu beaucoup plus rare depuis les changements apportés aux mesures de sécurité. Un ISPS, dont Le Manic protège l’identité par crainte de conséquences professionnelles, explique que l’appareil était auparavant utilisé pour détecter une anomalie pouvant mener à une fouille plus poussée.
Raphaëlle St-Louis, présidente de la catégorie 2 du STTSPAM-SSS-CSN, qui représente notamment les ISPS, affirme que ses membres réclament depuis 2025 un renforcement des mesures de sécurité.
Un sentiment d’insécurité
Mme St-Louis rapporte un sentiment d’insécurité grandissant chez les intervenants. « Notre but [est de] protéger les droits et la dignité des jeunes et assurer la sécurité des jeunes et des travailleurs », affirme-t-elle.
Son syndicat rapporte également qu’un ISPS aurait été blessé au poignet lors d’une intervention impliquant le même adolescent le 14 septembre. Santé Québec ne confirme pas cette information, invoquant la nature personnelle des renseignements concernant un employé.
L’organisation rappelle que le personnel est formé au « code argent » en présence d’une personne armée. La consigne est de ne pas se mettre en danger et d’attendre l’arrivée des policiers.
Questionné à plusieurs reprises par Le Manic sur les circonstances de l’événement, la fouille demandée et l’utilisation concrète du détecteur de métal, Santé Québec n’a pas souhaité fournir davantage de détails.
À lire aussi :
Baie-Comeau : pistolet à plomb saisi sur un jeune au pavillon Richelieu
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.