Halte-chaleur et réduction des méfaits : des solutions en réflexion à Sept-Îles

Par Léo Langlois , 9:00 AM - 16 septembre 2026
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La halte-chaleur de Sept-Îles qui a été inaugurée l'an dernier. Photo Vincent Rioux-Berrouard

À l’approche de l’hiver, la question de l’hébergement des personnes en situation d’itinérance revient au centre des discussions à Sept-Îles. Le Rond-Point travaille à reconduire sa halte-chaleur, alors que la Ville et l’organisme réfléchissent aussi à différentes mesures pour réduire les risques liés à la consommation dans l’espace public.

Le Rond-Point souhaite remettre en place sa halte-chaleur pour la saison froide. Pour l’instant, l’organisme attend toutefois des confirmations de financement du gouvernement avant de pouvoir annoncer une date d’ouverture.

Pour Alexandre Deschênes, les mesures hivernales ne tiennent pas toujours suffisamment compte de la réalité de la Côte-Nord.

« Les services de mesures hivernales sont pensés dans de grands centres dans le sud du Québec. Notre réalité sur la Côte-Nord est complètement différente », souligne-t-il.

Avec les températures qui peuvent rapidement chuter, la halte-chaleurs devient, selon lui, un service essentiel.

« Son but premier, c’est d’empêcher le monde de mourir », affirme M. Deschênes. « Si on n’arrive pas à avoir les financements, avec la hausse des personnes dans la rue, bien, on ne se demande pas s’il va y avoir un mort, mais combien. »

Le maire de Sept-Îles, Benoit Méthot, reconnaît que l’hébergement d’urgence et la halte-chaleur font partie des priorités sur lesquelles la Ville travaille avec les organismes du milieu.

Benoit Méthot, maire de Sept-Îles Photo Vincent Rioux-berrouard

« Il n’y a personne qui se met la tête dans le sable et qui dit qu’il n’y a pas de problème », affirme-t-il. « On sait que c’est un problème qui est en expansion. »

Selon lui, la situation est aussi devenue beaucoup plus visible dans les dernières années, alors que les ressources sur le terrain sont de plus en plus sollicitées.

Réduire les risques liés à la consommation

La présence de matériel d’injection dans les lieux publics préoccupe également le Rond-Point. L’organisme discute actuellement avec la Santé publique et la Ville de la possibilité d’installer des boîtes jaunes pour récupérer les seringues utilisées.

Le Rond-Point souhaite également voir des services de consommation sécurisée être mis en place à Sept-Îles et envisage l’acquisition d’un spectromètre permettant d’analyser la composition de certaines drogues en circulation.

Pour Alexandre Deschênes, ces mesures s’inscrivent dans une approche de réduction des méfaits.

« Souvent, le monde pense que c’est encourager le monde à se piquer. Ce n’est pas ça. Ils vont se piquer pareil », explique-t-il.

Des contenants jaunes comme celui-ci devraient être installés près de site stratégique. Photo Courtoisie

L’objectif est plutôt de réduire les risques et de profiter de ces contacts pour créer un lien avec les personnes qui consomment.

« On ne peut pas aider un mort », rappelle-t-il. « Qu’est-ce qui va assurer la sécurité de la personne pour après ça pouvoir créer un lien et la sortir de son environnement ? »

Seringues Vieux-Quai sept-îles Photo courtoisie

Une tolérance, mais pas de campement officiel

La gestion des campements de fortune demeure un autre enjeu. La Ville dit vouloir faire preuve de tolérance, tout en intervenant lorsque nécessaire.

« Dès que ça touche un parc, une école, quand c’est à proximité, on n’aura pas de tolérance », indique Benoit Méthot.

Dans les autres situations, la Ville tente plutôt de trouver un équilibre lorsqu’elle demande à des personnes de déplacer leur tente.

« On essaie d’être le plus tolérant possible parce qu’on leur demande de se déplacer, mais on ne leur dit pas : “Va t’installer à telle place, ça va être correct” », explique le maire.

Le Rond-Point souhaite notamment qu’un plan d’action soit établi pour mieux encadrer les campements, ce qui pourrait inclure une zone de tolérance ou une personne responsable du dossier.

La Ville n’envisage toutefois pas de créer un campement urbain officiel.

« On n’a pas d’endroit où c’est permis de camper ou d’avoir un campement », précise M. Méthot.

Il rappelle néanmoins que la majorité des personnes en situation d’itinérance à Sept-Îles ne sont pas expulsées de leurs lieux de vie lorsqu’il n’y a pas de problème particulier.

« Il y a de la tolérance. La plupart, la très grande majorité des itinérants à Sept-Îles ne sont pas expulsés, ne sont pas en conflit avec la Ville », affirme-t-il.

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