Après 71 ans : fermeture d’Au petit chaperon rouge à Sept-Îles

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Par Nadia Dorval 8:30 AM - 15 septembre 2026
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Katy Roy est propriétaire de la boutique de vêtements pour enfants Au petit chaperon rouge depuis 15 ans. Le commerce fermera définitivement ses portes cet automne. Photo Nadia Dorval

Véritable institution dans le commerce de détail à Sept-Îles, la boutique de vêtements pour enfants Au petit chaperon rouge fermera définitivement ses portes vers la fin octobre.

Fondée en 1955 par Edmond et Béatrice Leblanc et détenue depuis 2011 par Katy Roy, la boutique Au petit chaperon rouge est bien connue par les Septiliens. Installée depuis 2013 à Place de ville, l’entreprise permet d’habiller les enfants de la tête aux pieds. Les prochaines semaines seront riches en émotions pour la propriétaire et son équipe, tandis que le commerce effectuera son dernier tour de piste vers le 31 octobre.

Les nouvelles habitudes d’achats en ligne des consommateurs et la diminution de l’achalandage dans les centres commerciaux sont les principales raisons de la fermeture du commerce. Katy Roy explique que durant la COVID, les gens étaient sensibilisés à l’achat local. Or, l’habitude s’est perdue avec le retour à la vie normale post-pandémie, constate-t-elle.

« Pendant la COVID, ça allait vraiment super bien. Les gens répondaient vraiment, ils allaient beaucoup dans les commerces locaux. Puis, les clients se sont habitués à commander en ligne, puis ils ont poursuivi. Les gens apprécient d’avoir la facilité. Je suis assise à la maison, je commande, puis je reçois à la maison », illustre Mme Roy.

Outre le commerce en ligne qui diminue l’achalandage en magasin, Katy Roy fait valoir que son emplacement géographique est devenu aussi un frein pour la visite de consommateurs.

« Ici,  dans le mail de Place de ville, les commerces, il y en a beaucoup qui ont fermé. Mon loyer, je le paye pour l’achalandage, qu’aujourd’hui, il n’y a plus. Mais le coût du loyer, il est quand même là. (…) Financièrement, c’était rendu rough », dit-elle.

Malgré tout, son commerce fonctionne encore bien et elle a décidé de partir après 15 ans avec le sentiment du devoir accompli. La décision n’est pas un coup de tête. Mme Roy a tenté de trouver une relève. Il y a trois ans,  elle a mis en vente son commerce au Centre de transfert d’entreprise du Québec.

« J’ai eu quelques personnes qui ont levé la main, mais rien qui s’est poursuivi dans le temps », dit Katy Roy.

La suite

L’entrepreneure septilienne ne sait toujours pas ce qu’elle fera à la suite cette aventure.

« Je sais ce que je ne veux pas. Mais je ne sais pas ce que je veux.  Je n’ai pas de projet précis », dit Mme Roy.

Une chose est certaine, elle veut continuer de travailler avec les gens. C’est ce qui l’a animée le plus tout au long des 15 dernières années. Au fil du temps, des amitiés se sont formées avec des clients et des employés.

« Quand j’ai acheté ici, ce que je voulais tout d’abord, c’est un contact humain. Souvent, je l’ai dit aux gens : moi, je ne suis pas une vendeuse, je suis une conseillère. En 15 ans, je me suis toujours vue comme ça », dit la propriétaire.

C’est ce qui justifie pourquoi elle n’a jamais voulu se lancer dans le commerce en ligne, elle tenait au contact en personne avec ses clients.

À l’aube de la fin, Katy Roy dit être en paix avec sa décision, bien qu’elle ressente une forme de nostalgie.

« J’ai aimé voir grandir les enfants, parce qu’il y a 15 ans, mes petits bébés de ma première année sont rendus ados aujourd’hui. Donc, souvent, je voyais l’évolution de l’enfant », confie-t-elle.

Il faut foncer

Son conseil pour les gens qui aimeraient se lancer en affaires, mais qui hésitent c’est de foncer.

« Je n’avais aucune connaissance, je n’avais aucune expertise, je n’avais pas de parents ou d’amis qui étaient entrepreneurs. Je suis partie avec mon petit baluchon sur une épaule, puis ma détermination sur l’autre, puis let’s go, on fonce », dit Katy Roy.

Ce qu’elle souhaite pour l’avenir des commerces locaux, c’est que les gens portent une attention  à consommer un peu plus localement, sinon, Sept-Îles risque de se retrouver uniquement avec de grandes chaînes.

« Souvent, les gens qui n’ont pas de bannière, puis qui sont vraiment locaux,  c’est des gens qui réinvestissent en ville aussi, qui réinvestissent en argent et en temps », dit-elle.

La boutique fermera ses portes après 71 ans d’existence, aux alentours du 31 octobre, après avoir liquidé l’ensemble de son inventaire.

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