Les OBV veulent faire de la gestion de l’eau un enjeu électoral
Milieu humide sur le Sentier des Caps. Photo Caroline Gagné
À l’approche des élections provinciales, le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) demande aux principaux partis politiques de placer la gestion de l’eau au cœur de leurs engagements pour le prochain mandat.
Sur la Côte-Nord, on retrouve notamment les OBV de Duplessis, de Manicouagan et de la Haute-Côte-Nord qui font partie du Regroupement.
L’organisation a présenté mercredi ses huit priorités pour la période 2026-2030 dans un document intitulé Pour une gouvernance durable de l’eau au Québec, transmis aux cinq principaux partis politiques provinciaux.
Parmi ses demandes, figure une meilleure gestion des risques liés aux inondations et aux sécheresses, une protection accrue des milieux hydriques et une meilleure intégration des réalités des bassins versants dans les décisions d’aménagement du territoire.
Le ROBVQ souhaite notamment que les plans directeurs de l’eau deviennent un outil incontournable dans la décision de développement. Ces plans, élaborés à l’échelle des bassins versants, permettraient, selon l’organisation, de mieux tenir compte des particularités et des enjeux propres à chaque territoire.

Miser sur les structures existantes
Pour le président du ROBVQ, Mathieu Madison, le Québec dispose déjà d’une structure permettant d’améliorer la gouvernance de l’eau. L’enjeu serait plutôt de mieux coordonner les acteurs qui interviennent sur le terrain.
« Le Québec a bâti une gouvernance de l’eau qui fonctionne », affirme-t-il, par voie de communiqué.
L’organisation estime qu’une meilleure concertation entre les gouvernements, les municipalités, les acteurs économiques et les organismes communautaires pourrait permettre d’éviter les dédoublements et de maximiser les investissements publics.
« Dans un contexte où chaque dollar public compte, la question n’est pas de recréer de nouvelles structures : c’est de faire travailler ensemble celles qui existent », ajoute M. Madison.
Le réseau québécois d’organismes de bassins versants existe depuis plus de 25 ans. Le ROBVQ représente ces organismes, qui travaillent avec plus de 4500 acteurs de l’eau à travers le Québec, dont 1200 provenant du milieu municipal.
Une partie du Fonds bleu pour les priorités locales
Le financement constitue également une part importante des demandes de l’organisation. Le ROBVQ réclame notamment qu’une partie du Fonds bleu soit directement consacrée aux priorités établies dans les différents bassins versants.
Il demande aussi que les investissements réalisés soient soumis à une reddition de comptes publique et annuelle.

L’organisation souhaite par ailleurs que le Plan national de l’eau soit davantage connecté aux 40 plans directeurs de l’eau du Québec. L’objectif est de rapprocher les orientations gouvernementales des réalités observées sur le terrain.
Face aux effets des changements climatiques, le ROBVQ propose également la tenue d’un Sommet québécois de l’eau réunissant les différents acteurs concernés.
Les partis devront se prononcer
Le regroupement veut maintenant connaître la position des formations politiques sur la question. Six questions portant sur des enjeux majeurs liés à la gestion de l’eau ont été envoyées aux partis.
Leurs réponses devraient être publiées sur le site du ROBVQ vers la fin septembre, avant le début du vote par anticipation.
L’organisation invite également les candidats et candidates à consulter leur organisme de bassin versant local afin de mieux comprendre les enjeux propres à leur circonscription.
« Les OBV ont une compréhension fine de leur territoire, des enjeux, mais surtout des acteurs et actrices de l’eau sur leur territoire de gestion », souligne Mathieu Madison.
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