Quelques jours à peine après avoir annoncé sa première exposition internationale, l’artiste peintre Camille Gravel de Baie-Comeau voit son rêve new-yorkais sérieusement compromis. La raison : la guerre tarifaire avec les États-Unis.
Les nouveaux tarifs imposés par les États-Unis sur certains produits canadiens pourraient empêcher les huit œuvres de l’artiste baie-comoise de traverser la frontière.
La Galerie L’Art de vivre, située à Saguenay, doit représenter Camille Gravel et huit autres artistes à l’Affordable Art Fair New York Fall, du 16 au 20 septembre.
À quelques semaines de l’événement, son courtier en douane américaine l’a toutefois informée que les œuvres destinées à New York seraient assujetties à de nouveaux tarifs douaniers de 50 % à leur entrée aux États-Unis.
Frédérique Girard, propriétaire de cette galerie, précise que les œuvres seraient soumises à ce tarif de 50 % de leur valeur déclarée lors de leur entrée aux États-Unis.
« Les tarifs que nous devrions payer en entrant sur le territoire des États-Unis seraient de 67 000 $ US », indique-t-elle.
Une facture que la petite galerie ne peut tout simplement pas absorber, en plus des sommes déjà nécessaires pour participer à l’événement.
Une décision qui se rend jusqu’ici
Depuis le 22 août, l’administration américaine impose des tarifs de 50 % sur une série de produits canadiens à la suite de l’échec des négociations commerciales entre les deux pays.
Une décision internationale dont les conséquences deviennent soudainement très locales.
Il y a quelques jours à peine, Camille Gravel partageait son enthousiasme de pouvoir « faire voyager » sa Côte-Nord jusqu’à New York.
Elle a créé huit œuvres spécialement pour cette première expérience internationale, dont la plus grande toile de sa carrière.
Le 26 août, le ton avait changé. « C’est vraiment décourageant », a-t-elle confié au Journal après avoir appris que le projet était menacé.
Pour Frédérique Girard, qui avait participé à la même foire en 2024 sans rencontrer cette situation, le constat dépasse maintenant cette seule exposition.
« Cette année, on s’était dit qu’on ne laisserait pas cette administration-là décider des projets qu’on fait », explique-t-elle.
La galeriste affirme même que, tant que l’administration américaine actuelle sera au pouvoir, son intérêt pour participer à d’autres événements aux États-Unis sera désormais moindre.
La situation l’amène plutôt à envisager d’autres marchés à l’international.
Le projet n’est pas encore mort
Malgré l’ampleur de la facture, la participation des neuf artistes n’était toujours pas officiellement annulée au moment d’écrire ces lignes.
Frédérique Girard tente notamment d’obtenir une aide financière et s’est tournée vers le gouvernement fédéral afin de déterminer si des programmes destinés aux petites entreprises touchées par les mesures commerciales pourraient permettre de sauver le projet.
Parmi les cinq galeries canadiennes qui devaient participer à la foire new-yorkaise, l’une se serait déjà retirée, selon les informations obtenues par Mme Girard.
À moins de trois semaines de l’événement, elle garde donc espoir de trouver une solution.
Pour Camille Gravel, l’attente se poursuit également. Ses huit œuvres sont prêtes à emporter un peu de Côte-Nord à New York.
Reste maintenant à savoir si elles pourront franchir la frontière.
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