Il surveille la Côte-Nord avec son radar
Le Port-Cartois Alex Pelletier, l'homme derrière la page Facebook Radar Sauvage. Photo Alex Pelletier
Le Port-Cartois Alex Pelletier est l’homme qui tient le cinémomètre dans les vidéos de la page Facebook Radar Sauvage, qui présente des conducteurs nord-côtiers dépassant largement les limites de vitesse.
Avec plus de 6000 abonnés, le concept de Radar Sauvage ne laisse personne indifférent.
Commentaires haineux, menaces sous ses publications, page anti Radar Sauvage et intimidation en personne font partie des réactions entourant les vidéos publiées par Alex Pelletier, au printemps dernier. Son but, sensibiliser à la vitesse, mais aussi divertir.
« Je vire ça aussi au côté du divertissement, pour ne pas que ça soit redondant et que le monde n’écoute plus mes vidéos. Mais oui, je pense qu’on devrait beaucoup s’améliorer sur la vitesse et cette espèce de minding, de vouloir être le premier et d’arriver le premier, d’être le plus vite », dit Alex Pelletier.
Tout a commencé par une simple curiosité pour le soudeur de métier. Il s’interrogeait sur le fonctionnement d’un radar de vitesse ou de son vrai nom, un cinémomètre. C’est l’appareil qu’utilisent les policiers pour valider la vitesse des usagers de la route. M. Pelletier s’en est tout simplement procuré un du genre sur le web, puis il a commencé à l’utiliser et à publier des vidéos de contrevenants.
Même si l’on est plus habitué de croiser des policiers avec ce genre d’appareil en main, il est tout à fait légal de posséder un cinémomètre à titre de particulier. Selon la Sûreté du Québec, « les appareils cinémomètres sont accessibles au public et leur utilisation par des citoyens n’est pas spécifiquement encadrée ».
« Ce que je n’ai pas le droit, ça serait de faire des signes, de faire obstruction à la circulation, de me faire passer pour un policier, c’est-à-dire en faisant des signes, d’arrêter le monde, en portant un badge, des lumières, tout ce qui pourrait me faire passer pour un policier », dit Alex Pelletier.
Des informations que la Sûreté du Québec a confirmées au Journal.
Extrême Pointe-Noire
Depuis que M. Pelletier a commencé à utiliser son cinémomètre, il a pu observer plusieurs excès de vitesse sur les routes de la Côte-Nord. Il rapporte que l’un des secteurs les plus problématiques est le chemin de la Pointe-Noire.
« Selon moi et plusieurs personnes qui y travaillent, le chemin de Pointe-Noire est assez extrême, il arrive de se faire dépasser en roulant déjà à plus de 140 km/h et c’est une zone de 80 km/h », dit M. Pelletier.
Pour les quartiers résidentiels, il est allé, à la demande de plusieurs citoyens, valider la vitesse sur la rue de l’Église, à Clarke City.
« Une zone de 40 où on y voit rapidement des véhicules qui roulent le double au travers des enfants, ce qui est plus problématique », dit Alex Pelletier.
Des réactions agressives
Bien que certaines des vidéos de la page Radar Sauvage sont des montages humoristiques, Alex Pelletier assure que celle où il se fait suivre par un individu en colère est vraie.
« J’ai eu plusieurs attaques réelles. Il y a des gens qui ont essayé de me frapper. J’ai adapté la sécurité. Je n’ouvre plus ma fenêtre à des gens qui viennent à côté, parce qu’il y en a un qui a essayé vraiment de me frapper et de lancer des roches pour casser ma fenêtre », dit M. Pelletier, qui estime que ses publications choquent les internautes, parce qu’il expose des excès de vitesse illégaux. « J’expose quelque chose que presque tout le monde fait, mais que personne n’aime se faire prendre à faire », dit celui qui admet qu’il aimait lui-même la vitesse à une certaine époque.
Alex Pelletier entend continuer d’alimenter sa page Radar Sauvage aussi longtemps qu’il y trouvera du plaisir.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.