Hells Angels à Sept-Îles : derrière le spectacle, une démonstration de force
Une cinquantaine de motards semblant appartenir au groupe criminalisé des Hells Angels ont été aperçu sur la Côte-Nord. Photo courtoisie
Le passage des Hells Angels à Sept-Îles a une fois de plus attiré les regards. Leur arrivée en groupe, leurs motos et leurs couleurs donnent inévitablement l’impression d’un événement hors de l’ordinaire. Pourtant, selon l’ancien enquêteur de la Sûreté du Québec Arold Bernatchez, il faut éviter de romantiser ou de glorifier la présence de cette organisation.
Ancien responsable des bureaux des crimes majeurs sur la Côte-Nord, il estime que ces déplacements constituent avant tout une démonstration de force et de présence.
« Le but, c’est de montrer leur force, montrer leur pouvoir, c’est d’intimider carrément », affirme-t-il. Selon lui, les Hells Angels effectuent notamment ce type de passage dans les régions afin de rappeler qu’ils occupent toujours le territoire.
Pour certains propriétaires de bars de la ville, leur présence ne représente toutefois pas nécessairement une source de problèmes. « Honnêtement, on a la paix quand ils sont en ville. Je n’ai jamais eu de problèmes avec eux », raconte Yannick Vachon, propriétaire du bar 7 Îles.
Le bar Le Gibson était d’ailleurs fermé lors de leur passage, mais cette fermeture n’avait aucun lien avec la venue des Hells Angels. Elle n’avait rien à voir non plus avec l’événement de l’an dernier, où l’établissement avait été le théâtre d’un passage à tabac commis par des membres des Hells Angels. Le bar faisait plutôt face à un manque de personnel pour assurer le service de sécurité, ont assuré ses gestionnaires au Journal.
Une présence policière accrue était néanmoins déployée lors du déplacement, a indiqué la Sûreté du Québec. Arold Bernatchez explique que ce type d’opération fait partie du travail habituel des policiers lorsque des groupes de motards criminalisés se déplacent sur le territoire.
« Ils vont encadrer les déplacements pour s’assurer que ça se fasse dans l’ordre. Ils ne les escortent pas, mais tout le long du trajet, ils vont s’assurer d’avoir une présence policière plus accrue sur le territoire », précise-t-il. L’objectif est notamment de veiller au respect des règles de sécurité routière et d’intervenir si nécessaire.
Une façade
Arold Bernatchez invite cependant à ne pas confondre un comportement calme durant quelques jours avec la nature de l’organisation. Selon lui, les membres peuvent chercher à projeter une image plus sympathique lors de leurs déplacements, précisément pour gagner l’acceptation de la population.
« Qu’ils descendent une fin de semaine, puis qu’ils fassent des sourires qu’ils montrent leurs motos, ça ne change pas ce qu’ils sont », résume-t-il, rappelant son expérience de 28 ans comme policier et ses nombreuses enquêtes liées aux groupes de motards.
Le passage des Hells Angels peut donc susciter la curiosité, mais il ne devrait pas faire oublier le contexte. Derrière l’image spectaculaire des motos et du cortège se trouve, selon l’ancien enquêteur, une organisation associée au crime organisé.
« C’est une façade », affirme-t-il, rejetant l’idée que leur présence puisse être perçue comme une forme de sécurité supplémentaire.
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