À 70 ans, Yves Langlois se prépare à parcourir 42,2 kilomètres au marathon de Québec en octobre. Pour le Baie-Comois atteint de la maladie de Parkinson, franchir la ligne d’arrivée aura cette fois une signification particulière : montrer que la maladie ne doit pas nécessairement empêcher de bouger, de se fixer des objectifs et de se dépasser.
« Je voudrais dire aux gens : même si vous avez une maladie, il faut bouger. Surtout à notre âge, il faut bouger encore plus. N’importe quel exercice que vous faites, c’est important », soutient celui pour qui la course fait partie du quotidien depuis plusieurs décennies.
Yves Langlois ne se présente d’ailleurs pas comme un athlète. « Je suis juste un gars qui s’entraîne », résume-t-il. Derrière cette modestie se cache pourtant un coureur qui a accumulé les marathons et les demi-marathons au fil des ans.
Installé sur la Côte-Nord depuis environ 45 ans, l’ancien avocat a véritablement intégré la course à sa vie après qu’un beau-frère eut subi un infarctus à seulement 39 ans. L’événement l’a poussé à réfléchir à sa propre santé.
Il commence alors à courir régulièrement. Cinq kilomètres, puis dix, avant de se lancer dans les longues distances. Au début des années 2000, il réalise même un marathon en 3 h 19, à seulement quatre minutes du chrono qu’il visait alors pour se qualifier au marathon de Boston.
Il estime avoir participé à 13 marathons à Québec au fil des années, sans compter d’autres épreuves. Après avoir délaissé quelque temps la distance reine pour se concentrer sur les demi-marathons, il décide, à l’approche de ses 60 ans, de renouer avec les 42,2 kilomètres.
C’est à cette période que sa vie prend toutefois une autre direction.
Le diagnostic tombe
Yves Langlois reçoit un diagnostic de maladie de Parkinson en 2016. Il avait déjà remarqué certains signes, notamment des tremblements. Des proches les avaient également observés.
La maladie ne lui était pas inconnue. Son père en avait été atteint et deux de ses sœurs ont également reçu un diagnostic de Parkinson. Les manifestations de la maladie diffèrent toutefois considérablement d’une personne à l’autre, constate-t-il.
Chez lui, la condition lui permet encore de maintenir un niveau d’activité physique élevé. Il sait néanmoins que certaines journées peuvent être plus difficiles que d’autres et que l’évolution de la maladie demeure imprévisible.
Le diagnostic n’a pas mis fin à la course. Yves Langlois considère plutôt l’activité physique comme un élément essentiel de son équilibre, autant physique que psychologique.
« Ça fait partie de ma santé physique et mentale », affirme-t-il. À l’époque où il pratiquait le droit, ses sorties de course lui permettaient même parfois de réfléchir à ses dossiers et de trouver des solutions aux problèmes qui l’occupaient.
Retour aux 42,2 km
À quelques mois du marathon de Québec, le septuagénaire suit maintenant un programme d’entraînement structuré. Ses semaines comprennent plusieurs sorties, dont une longue course le dimanche dont la durée augmente progressivement. Certaines semaines représentent plusieurs heures d’entraînement.
Maintenir cette discipline n’est pas toujours facile. Les blessures, les maladies ou simplement les mauvaises journées peuvent interrompre la routine et rendre le retour à l’entraînement plus exigeant.
Yves Langlois persiste néanmoins. Il court dehors, été comme hiver, et préfère largement les rues de Baie-Comeau au tapis roulant.
Cette année, il a surtout décidé de rendre son défi public. Pas pour mettre l’accent sur sa performance ou sur le temps qu’il réalisera en octobre, mais pour profiter de son expérience afin de sensibiliser les autres personnes qui vivent avec une maladie.
Son message dépasse d’ailleurs largement la course à pied. Marcher, pratiquer un sport ou simplement demeurer actif peut faire une différence, estime-t-il.
À 70 ans, après des dizaines d’années à enfiler ses chaussures de course, Yves Langlois sait que les 42,2 kilomètres qui l’attendent seront exigeants. Mais pour celui qui se décrit comme particulièrement tenace, le défi en vaut la peine.
Cette fois, la ligne d’arrivée représentera beaucoup plus qu’un autre marathon : elle sera une façon de démontrer, à sa manière, qu’un diagnostic n’empêche pas nécessairement de continuer à avancer.
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