À 21 ans, Mélodie Dumais jongle déjà avec plusieurs responsabilités. Mère d’un garçon de deux ans, étudiante au cégep et tatoueuse, elle a ajouté une nouvelle corde à son arc, il y a environ trois mois, en lançant L&M, une petite friperie encore méconnue à Sept-Îles.
L’idée de créer son propre commerce lui est venue notamment en constatant la hausse du coût de la vie. En découvrant des friperies offrant des vêtements sélectionnés, lors de déplacements à l’extérieur de la région, elle s’est demandé pourquoi Sept-Îles n’avait pas encore ce type de commerce.
« Je suis vraiment quelqu’un qui a mille et un projets. J’ai tout le temps plein d’idées. Puis, après la COVID, les prix [des vêtements] ont énormément augmenté. C’est durant cette période que j’ai découvert les friperies », raconte-t-elle. « Ici, il y a déjà deux friperies, mais c’est plus des organismes pour aider. Je me suis dit que je voulais vraiment partir quelque chose de semblable à ce que j’avais vu. »
Son objectif n’était pas simplement de vendre des vêtements d’occasion. Mélodie Dumais voulait créer une friperie où les articles seraient choisis avec soin, nettoyés et vendus à faible coût.
« Je ne vais pas mettre n’importe quoi. Je vais vraiment mettre les belles pièces, celles dont je suis vraiment certaine, qui vont se vendre », dit-elle. « Je lave tout chez moi avant de les apporter. Je voulais vraiment que ce soit de beaux morceaux, mais pas chers. Je n’ai pas mis des prix énormes pour que tout le monde puisse en profiter », explique la jeune entrepreneure.
Un projet qui lui ressemble
Le nom de la friperie, L&M, fait directement référence à son histoire personnelle : L pour Lenny, son fils, et M pour Mélodie.
La maternité a d’ailleurs joué un rôle dans sa façon de concevoir le commerce. Mélodie Dumais raconte avoir vécu seule une bonne partie des premières années de son garçon et avoir constaté à quel point les dépenses liées aux enfants peuvent rapidement s’accumuler.
« Mon but premier c’était d’aider. Je l’ai vécue acheter tout neuf, la facture monte vite », affirme-t-elle.
Les vêtements pour enfant occupent donc une place importante dans la boutique, mais la clientèle de L&M ne se limite pas aux familles. Mme Dumais affirme recevoir des clients de différents âges et styles.
« C’était aussi un de mes buts, de déconstruire les stéréotypes par rapport aux friperies. J’ai 21 ans, je suis jeune. Il y a plein de gens de mon âge qui se disent : “Une friperie c’est sale.” J’ai fait des TikTok, des vidéos, puis de plus en plus de jeunes viennent. »
Une friperie discrète
Malgré son ouverture récente, L&M demeure relativement peu connue à Sept-Îles. Sa propriétaire n’a pas fait une importante campagne publicitaire et dit que les clients découvrent principalement l’endroit par le bouche-à-oreille.
« Ça a été plus du bouche-à-oreille, pour vrai. J’ai une page Facebook, je connais beaucoup de monde. Puis j’ai quand même une bonne clientèle », dit-elle.
Cette discrétion ne lui déplaît pas nécessairement. Au contraire, elle aime le caractère plus intime de l’endroit, qu’elle décrit comme une sorte de « Hidden spot ».
« J’ai eu du monde cet été, des touristes qui sont venus et qui trouvaient ça cool que ce soit une petite place reculée », raconte-t-elle.

Une entrepreneure qui ne manque pas de projets
Si L&M n’est ouverte que depuis quelques mois, la friperie s’ajoute à une liste déjà bien remplie pour la jeune femme. En plus de ses études et de son rôle de mère, elle pratique le tatouage et possède son propre studio, tout près de la friperie.
Pour réussir à tout faire tenir dans son horaire, elle compte sur sa famille et sur des bénévoles qui devraient lui donner un coup de main durant la période scolaire.
« C’est sûr que, pendant mes études, je ne m’en sortirai pas toute seule », explique-t-elle.
Pour l’instant, Mélodie Dumais ne cherche pas nécessairement à transformer L&M en une grande entreprise.
« J’y vais mollo. Je veux vraiment que ça reste une place où tu viens et que ce soit relax. Je veux conserver l’ambiance qui est en place depuis l’ouverture », explique-t-elle.
Des activités pourraient éventuellement être organisées autour de la friperie et d’autres idées sont déjà dans la tête de la jeune entrepreneure. Mais après seulement trois mois, elle préfère encore laisser le projet évoluer naturellement.
À travers ses nombreux engagements, L&M représente finalement une autre façon pour Mélodie Dumais de faire quelque chose qui lui ressemble : créer un commerce accessible, donner une deuxième vie aux vêtements et, surtout, aider les gens de sa communauté à son échelle.
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