Résidence Vents et marées : démissions et enjeux de gestion chez Codelo

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Par Manuel Paradis 10:13 AM - 12 août 2026 Initiative de journalisme local
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Louisette Cato, ex-membre du conseil d'administration de Codelo et résident à Vents et marées. Photo Manuel Paradis

L’ex-conseillère municipale Louisette Cato devient la troisième administratrice à démissionner pour des enjeux de gouvernance et de gestion dans l’écosystème de Codelo, tandis que la crise perdure à la résidence Vents et marées depuis l’arrêt du service de cafétéria.

Celle qui a été pendant plusieurs années conseillère municipale, active dans le milieu de l’éducation à Sept-Îles en plus d’être impliquée dans différents dossiers importants pour la région, reste amère de son passage à la gouvernance de la Corporation de développement de logements de Sept-Îles. 

« Selon moi, un conseil d’administration doit donner des directives à la direction de l’organisation, et le président doit représenter la pensée et les décisions des membres du conseil. Et rien ne fonctionnait comme ça au CA de Codelo », explique Mme Cato. « Tout devait rester secret, il ne fallait pas parler, il ne fallait rien dire aux locataires, mes voisins. Si on représente les locataires au conseil d’administration, je pense qu’ils doivent être mis au courant des enjeux qui sont discutés. »

Manque de transparence

Mme Cato soutient qu’elle n’a jamais été mise au courant d’un possible changement au service de repas de la résidence.

« J’ai relu tous les procès-verbaux des réunions auxquelles j’ai assisté et j’ai été au CA deux ans et demi. Oui, il était parfois question que l’organisation n’aimait pas gérer la cuisine, mais je n’ai rien trouvé qui parlait de la fermeture », poursuit-elle. 

Mme Cato admet qu’elle a été absente de certaines séances du conseil d’administration. Elle considère toutefois qu’un sujet de cette importance aurait dû être discuté à plusieurs reprises, surtout considérant les conséquences pour les résidents. 

Selon elle, le sujet de la fermeture du service de cafétéria n’aurait été abordé qu’une seule fois en séance du conseil et c’est à cette même séance qu’une résolution a été prise pour déterminer l’arrêt du service. Cette façon de faire a laissé peu de temps aux membres CA pour examiner la question, plaide Mme Cato.

Elle ignore si les autres administrateurs ont été consultés avant cette rencontre, elle confirme cependant qu’elle n’a jamais été contactée en dehors des séances pour discuter de ce sujet.

Peu de temps après cette rencontre du conseil d’administration, la direction a réuni les locataires de la résidence Vents et marées pour annoncer la fermeture du service.

« Ce qui m’a énormément choquée, c’est que durant cette rencontre avec les locataires, Guy Berthe, le président du conseil, n’était pas présent. Quand ça va mal, c’est le rôle du président d’être là pour représenter les membres du conseil, et aussi pour discuter avec les locataires », déplore-t-elle.

Ce sont ces enjeux de gouvernance qui l’ont mené à présenter sa démission, au cours des derniers mois.

Une troisième démission 

La démission de Mme Cato fait suite à un autre départ récent dans la gouvernance de l’écosystème de Codelo, soit celui de Bernice Villeneuve, qui a quitté le conseil d’administration de l’Office Municipal d’Habitation (OMH) de Sept-Îles, en février 2026. Bien que l’OMH soit distincte de Codelo, les deux organisations partagent le même site web, plusieurs employés et la directrice générale, Caroline Felli. Guy Berthe est aussi président des deux conseils d’administration.

Rappelons que des sources bien au fait du dossier avaient attribué sa démission à sa volonté de ne pas être associée aux décisions prises par Codelo, en lien avec le service de repas.

Selon les mêmes sources, Mme Villeneuve et le conseil d’administration de l’OMH n’auraient jamais été mis au courant des difficultés financières de Codelo, en lien avec la cafétéria de la résidence Vents et marées, malgré le fait que les deux organisations soient hautement imbriquées.

Le Maire de Sept-Îles, Benoit Méthot, se disait à l’époque définitivement préoccupé par les enjeux de gouvernance des deux organisations. Il a cette fois-ci refusé de commenter le départ de Mme Cato, mais il souligne « que le conseil municipal continue à suivre de près l’évolution du dossier et espère que la corporation prendra les moyens pour rétablir rapidement une gouvernance saine, efficace et transparente. »

La démission de Mme Villeneuve faisait elle-même suite à la démission de M. Euclyde Lapierre, qui a quitté le conseil d’administration de Codelo en juin 2025, en raison d’enjeux de gouvernances liés à la disponibilité de l’information. Il avait été auparavant administrateur au conseil d’administration de l’OMH pendant plusieurs années. Il affirme aussi n’avoir jamais été informé de la possibilité du retrait du service de repas.

La SHQ, questionnée sur la série de démissions, n’a pas voulu émettre de commentaire.

Une absence complète de réponse et de communication

Contactés à plusieurs reprises, les représentants de Codelo n’ont pas donné suite aux demandes de clarifications et aux questions du Journal depuis le 10 février 2026. Joint par téléphone le 6 août, le président du CA de Codelo, Guy Berthe, a refusé une fois de plus de commenter, expliquant que la SHQ avait demandé aux administrateurs de ne pas discuter des dossiers en cours. De son côté, la SHQ nie qu’un moratoire sur les communications ait été imposé à Codelo et ses représentants. Selon elle, ” la SHQ offre un accompagnement pour la recherche de solutions, mais l’organisme demeure entièrement responsable et autonome dans ses communications avec les médias. “

Plusieurs autres organisations ont été sollicitées dans le dossier, et tous renvoient vers l’administration de Codelo, concernant les détails précis entourant la gouvernance et le retrait du service de cafétéria.

Interrogée quant à la confiance qu’elle place envers l’organisation, la députée de Duplessis Kateri Champagne Jourdain affirme penser “ d’abord aux aînés qui habitent à la résidence Vents et Marées ainsi qu’à leurs proches ” et comprend les inquiétudes que la situation peut provoquer. Elle mentionne toutefois que la résidence est administrée par un organisme privé et que les questions liées aux projets de logements subventionnés relèvent de la SHQ.

La SHQ affirme de son côté “ qu’elle demeure en contact avec l’organisme et est informée des démarches entreprises pour répondre aux enjeux soulevés (le retrait du service de cafétéria). ”

Elle mentionne que “ Codelo travaille actuellement à mettre en place des solutions durables qui tiennent compte à la fois des besoins des locataires et de leurs capacités de payer ”.

Elle ajoute que l’organisme est “ appelé à mettre en œuvre les mesures appropriées pour assurer un milieu de vie sécuritaire et stable pour l’ensemble des résidents. ”

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