Cette année encore, le studio mobile de Wapikoni parcourt les routes du Québec pour faire escale dans les communautés autochtones. Sa mission : offrir aux participants des communautés les outils et l’accompagnement nécessaires pour transformer leurs idées en courts métrages et faire entendre leur voix à travers le cinéma.
La roulotte servant de studio mobile s’est arrêtée dans la communauté de Wendake en juillet. Au cours de ce séjour de 24 jours, l’équipe a fait la connaissance de Yani Hervieux. Le jeune homme de 17 ans, originaire de Pessamit, mais établi à Wendake, a ainsi pu réaliser son tout premier court métrage, Ma lumière.
« J’ai vraiment l’impression que les gens ont aimé mon film lorsqu’ils l’ont vu lors de la projection finale », déclare-t-il.
Le court métrage de Yani Hervieux traite du deuil. On y voit le personnage principal vivre avec la perte d’un proche. Pour le jeune réalisateur, l’expérience s’est avérée des plus enrichissantes. « J’aimerais étudier dans le domaine du cinéma plus tard », confie-t-il.
Lorsque le studio mobile s’installe dans une communauté, tout le monde est invité à participer, peu importe l’âge ou le niveau d’expérience. « Les personnes qui souhaitent prendre part au projet sont libres de proposer une idée de court métrage qui leur tient à cœur ou qui les inspire », explique la coresponsable des studios mobiles, Audrey Campeau.
Tout le matériel nécessaire à la réalisation des courts métrages est fourni sur place, de même que l’accompagnement d’une équipe composée de deux cinéastes mentors, d’un intervenant-facilitateur, d’un coordonnateur local et d’un assistant-cinéaste.
« L’intervenant a pour mandat d’accompagner les participants, davantage au niveau de leur vie personnelle. Des fois, les films réalisés traitent de sujets difficiles et sont parfois un outil de guérison », explique Mme Campeau.

Des films qui voyagent
En octobre 2025, Charles-André Ishpatao a réalisé, avec Wapikoni, son deuxième court métrage, Tshimushuminuat, qui signifie « nos grands-parents », lors du passage de l’organisme à Uashat. Celui-ci vient tout juste d’être présenté au théâtre Outremont, à Montréal, en marge du festival Présence Autochtone.
« Wapikoni, ils font le tour des festivals et essaient le plus possible de faire tourner ton film », explique l’homme de Uashat.
« Au bureau, on a trois personnes qui travaillent exclusivement à la distribution des films », confirme la coresponsable des studios mobiles.
Charles-André Ishpatao a pu assister à la diffusion de son film, lors de la soirée du 4 août. « C’est vraiment quelque chose de voir ça. J’ai vraiment aimé pouvoir partager mon film avec plein de monde. Je pense que ça peut aider les autres à comprendre ce que les autochtones vivent », conclut-il.
Le studio mobile fera escale à Uashat du 28 août au 21 septembre, avant de s’arrêter à Pessamit du 26 septembre au 20 octobre.
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