Pour Sophia Vézina, qui exposera ses œuvres à la galerie Équinoxe de Sept-Îles pendant le mois d’août en entier, l’art est une façon de guérir.
« Je ne pourrais plus m’en passer !», s’exclame l’artiste autodidacte, en parlant de sa passion pour la peinture. Bien qu’elle ait attendu la retraite avant de vivre pleinement son rêve, Sophia Vézina a, depuis sa tendre enfance, manié le pinceau.
Celle qui faisait ses premiers dessins au crayon à l’âge de cinq ans est passée par une vaste gamme de style, pour finalement s’arrêter sur quelque chose de « ludique naïf ». Elle présente aussi des œuvres animalières et des toiles qui représentent des mécanismes qu’elle décompose. Toute cette démarche s’est faite « par essai-erreur », relate-t-elle.
Avant de prendre sa retraite et de se consacrer à son art, Sophia Vézina a tenté une réorientation de carrière et avait des velléités de devenir agricultrice. Résidant sur la Côte-Nord, elle voyageait jusqu’à Alma pour suivre des cours d’agriculture au collège. Toutefois, la polyarthrite rhumatoïde, maladie qui s’attaque aux articulations, a mis fin à son projet. Heureusement, la maladie n’a pas atteint ses mains et elle a pu continuer à produire des toiles.
« La peinture est un exutoire », résume-t-elle.
Sensible à la cause des femmes ayant vécu des traumatismes, Sophia Vézina a offert une de ses œuvres au Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Sept-Îles, en mai dernier.
« Je me sentais le besoin de partager, peut-être de donner un petit peu de lumière aux femmes qui traversent des choses difficiles », explique-t-elle.
L’artiste a elle-même fait appel aux intervenantes du CALACS, alors qu’elle traversait une période plus difficile.

Le jardin de madame Sophia
Preuve que sa carrière artistique prend son envol, Sophia Vézina signera les illustrations d’un livre jeunesse qui paraîtra en février prochain. Intitulé Le jardin de madame Sophia, le livre à paraître aux éditions Rubis est une métaphore pour apprendre aux enfants à cultiver leur jardin intérieur.
« Ça va aider [les enfants] à identifier leurs émotions, les exprimer et en prendre soin », précise-t-elle.
Une artiste bien ancrée dans la région
Résidant à Pointe-aux-Anglais depuis une quinzaine d’années, Mme Vézina se laisse inspirer par le territoire qui l’entoure. Elle travaille actuellement sur une série de tableaux portant sur les oiseaux marins qui peuplent le littoral nord-côtier. L’amour qu’entretient l’artiste avec les oiseaux de la région l’a même menée collaborer avec le refuge d’oiseaux de proie de Godbout.
« Je serai un peu comme leur peintre personnelle », explique Sophia Vézina, qui mettra son pinceau à contribution pour représenter les oiseaux qui logent au refuge.
Même si elle est loin de grands centres, la peintre affirme qu’elle ne souffre pas de l’éloignement et qu’elle trouve tout le matériel nécessaire pour réaliser ses œuvres. Elle se réjouit d’avoir une boutique comme les Encadrements du Vieux-Quai à laquelle se ravitailler.
Elle voit également d’un très bon œil l’ouverture de la galerie Équinoxe, qui permettra d’avoir un espace permanent pour faire connaître le talent artistique nord-côtier.
Les œuvres de Sophia Vézina resteront à la galerie Équinoxe de Sept-Îles du 30 juillet au 8 septembre 2026.
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