Un festival sur une île, au large d’un village non relié au reste du Québec : ça se peut !

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Par Nadia Dorval 3:06 PM - 6 août 2026
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Louis-Jean Cormier en performance acoustique au Festival de la Providence à Tête-à-la-Baleine. Photo courtoisie

Le Festival de la Providence de Tête-à-la-Baleine peut compter sur une communauté tissée serrée et prête à mettre la main à la pâte. C’est même un résident du village qui a gentiment fait le trajet de l’île de la Providence jusqu’à Chevery, afin de récupérer la valise et la guitare de Louis-Jean Cormier, en spectacle dans la chapelle centenaire de l’île.

La deuxième édition du Festival de la Providence de Tête-à-la-Baleine en Basse-Côte-Nord s’est terminée le 2 août, après trois jours de spectacles intimes présentés dans la chapelle patrimoniale Sainte-Anne, située sur l’Île de la Providence. Le site est uniquement accessible par bateau l’été et par motoneige l’hiver. L’emplacement géographique vient avec son lot de défis, dans le contexte de l’organisation d’un festival.

«C’est le gros défi. Premièrement, juste amener les artistes à Tête-à-la-Baleine, c’est compliqué. C’est stressant, parce qu’on sait qu’il y a souvent des problèmes au niveau des vols, en raison de la météo, par exemple. Ce n’est pas toujours facile de prévoir un événement comme ça, sur une fin de semaine, quand on sait que des fois, les gens restent pris dans un aéroport», explique Émile Neault, co-organisateur de l’événement.

C’est une des raisons pour lesquelles le comité s’assure que tous les artistes soient arrivés au maximum le vendredi. Le festival ayant lieu non seulement dans une communauté non reliée par la route, mais à cela s’ajoute que les spectacles se déroulent sur une île.

«Donc il faut prévoir du transport en bateau. Ici, il n’y a pas de navette. Il y a les gens du coin qui aident pour la logistique. Je dirais que ça, c’est l’autre gros défi. Puis le logement aussi. Il y a très peu de logements à Tête-à-la-Baleine. Pour loger les artistes, ou les festivaliers qui viennent, c’est aussi assez compliqué», dit M. Neault.

Heureusement, le festival bénéficie de l’appui de la communauté d’environ 120 âmes. Des gens se sont proposés pour être bénévoles derrière le bar en bois construit cette année par un autre bénévole. Émile Neault et ses collègues du comité sont très reconnaissants de l’implication de tout un chacun. Selon eux, le festival n’aurait pas pu se dérouler aussi rondement, sans l’aide des gens de la communauté.

«On a eu beaucoup de gens qui nous ont aidés. Il y a même un résident qui est allé jusqu’à Chevery, un des villages voisins. Il est allé en bateau pour aller chercher la guitare de Louis-Jean Cormier qui y était restée bloquée. Je pense que c’est la preuve que les gens de la communauté étaient très impliqués», dit-il.

Le lieu, la chapelle Sainte-Anne, est le point de départ de cette aventure. C’est de là qu’est née l’idée de créer un événement culturel à Tête-à-la-Baleine.

«On voyait cet endroit-là, puis on se disait que ça serait vraiment intéressant d’amener de la culture, puis de faire quelque chose en lien avec la musique aussi, parce que l’acoustique de la chapelle est très belle, puis aussi, parce qu’il y a assez peu d’offres de ce type-là en Basse-Côte-Nord et à Tête-à-la-Baleine», dit M. Neault.

Le lieu permet aux festivaliers de vivre des spectacles acoustiques, d’être à proximité des artistes, de connecter avec eux et leur univers. Les artistes aussi adorent la formule. Plusieurs ont dit avoir vécu une expérience hors du commun dans la chapelle, qui était pleine à craquer avec 150 festivaliers entassés lors des spectacles.

« Tout le monde était très attentif aussi. Évidemment, le décor, simplement la beauté du lieu de Tête-à-la-Baleine et des îles. C’est quelque chose qui est assez impressionnant. L’authenticité des gens ici aussi», dit Émile Neault.

Le comité prend le temps d’atterrir de cette deuxième édition, avant de se pencher sur l’organisation du festival 2027.

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