La grogne des citoyens fait reculer Port-Cartier sur une nouvelle mesure
Les citoyens de Pentecôte doivent se rendre à la station d’osmose pour remplir des cruches d’eau. Photo Vincent Rioux-Berrouard
La Ville de Port-Cartier renonce, pour l’instant, à son initiative d’instaurer un système de puce électronique donnant accès à la station d’osmose pour l’eau potable dans le secteur de Rivière-Pentecôte.
Lundi, la Municipalité a annoncé qu’il faudrait désormais avoir une puce pour accéder à la station d’osmose. Seuls les résidents qui payent la taxe d’eau auraient eu droit gratuitement à la puce. Cela aurait permis d’assurer un contrôle et d’éviter les abus, dans l’objectif de préserver la ressource pour les résidents.
Coup de théâtre : dans les heures suivant cette annonce, la Municipalité a décidé de faire marche arrière.
« Effectivement, les communications concernant l’instauration d’un système de puces pour l’accès à la station d’osmose ont été retirées de nos différentes plateformes. La Ville a décidé de mettre le dossier sur pause, afin de permettre la poursuite des discussions. Par conséquent, le système d’osmose demeure accessible à tous et toutes », indique Élodie Parent, conseillère en communication pour la Ville de Port-Cartier.
La Ville a donc décidé de reprendre une réflexion dans ce dossier.
« À ce stade-ci, aucune décision définitive n’a été prise quant à la mise en œuvre du système de puces. Le conseil municipal poursuivra son analyse du dossier et la Ville informera les citoyens des prochaines étapes lorsqu’elles seront déterminées », écrit Mme Parent.
Ajouter des obstacles
L’annonce de l’instauration de ce système de puce électronique a fait fortement réagir. Rappelons que beaucoup de résidents du secteur de Rivière-Pentecôte n’ont pas accès à de l’eau potable. Ils doivent donc s’alimenter à la station d’osmose régulièrement.
Jocelyn Leblanc, un résident dans le secteur de la Baie-des-Homards, près de Rivière-Pentecôte doit parcourir 18 kilomètres chaque semaine pour aller chercher de l’eau potable pour pouvoir boire et cuisiner. Il a écrit une lettre ouverte à la Municipalité pour dénoncer cette situation.
Bien qu’il comprend que la Ville voulait empêcher les abus, il croit qu’il y avait d’autres solutions que de faire payer les gens pour qui cette eau est essentielle.
« Nous, les citoyens de Port-Cartier, secteur de Rivière-Pentecôte, on paie des taxes, mais on se fait menacer de se faire enlever l’eau potable », dit-il. « C’est déjà compliqué avoir de l’eau potable ici alors pourquoi vouloir rendre cela plus complexe. »
Il demande à la Municipalité d’améliorer ses communications avec les citoyens, pour éviter qu’une telle situation se reproduise.
Pour Jocelyn Leblanc, il n’est pas normal que des citoyens vivant au Québec, particulièrement dans une ville où il y a des industries avec de bons salaires, n’aient pas accès à l’eau potable.
« Les petites communautés de l’est de Port-Cartier se battent déjà pour conserver leurs familles, leurs services et leur vitalité. Ajouter des obstacles à l’accès à un besoin aussi essentiel que l’eau potable ne fera qu’encourager davantage de résidents à quitter le secteur », a-t-il écrit, dans sa lettre ouverte.
Plus largement, cet événement rappelle que les résidents de ce secteur de Port-Cartier n’ont pas accès à de l’eau potable directement chez eux. Une problématique qui dure depuis des décennies et dont la solution se fait toujours attendre.
Rivière-Pentecôte: Loin de la coupe (d’eau potable) aux lèvres
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