Résidence Vents et marées : « Encore une autre claque dans la face »
Des résidents lors de la reprise du service de deux repas par jour le 26 juin. Photo Nadia Dorval
Les résidents de Vents et marées doivent composer une fois de plus avec une demande de modification à leur bail pour la prochaine année. Un nouvel avis de modification de leurs baux que leur a envoyé CODELO prévoit le retrait du service de deux repas par jour, à partir du 1er décembre 2026.
Depuis le 1er février, la quarantaine d’aînés de la résidence Vents et marées à Sept-Îles étaient dépourvus du service de cafétéria, auparavant inclus dans leur bail. Le 26 juin, suite à une décision interlocutoire du Tribunal administratif du logement (TAL), les résidents ont pu renouer avec les repas chaud servis dans leur cafétéria.
L’accalmie fut de courte durée. Trois semaines plus tard, le 16 juillet, les locataires de la résidence ont reçu un avis de renouvellement et de modification à leurs baux. Dans le document, on peut lire que CODELO a l’intention de « modifier une condition de votre bail par le retrait du service de repas deux fois par jour à compter du 1er décembre 2026 ».
On y précise que les résidents ont 30 jours, selon la loi, pour contester l’avis. Si aucune réponse n’est donnée, le bail sera renouvelé aux conditions énoncées.
« C’est encore une autre claque dans la face. C’est une déprime psychologique. C’est encore ça », dit Ghislaine Langelier, porte-parole des locataires, qui soutient que les aînés encaissent durement l’avis envoyé par CODELO.
Un groupe d’enfants des aînés résidents tiendra prochainement une rencontre pour les supporter dans ce nouveau rebondissement. L’objectif sera de leur expliquer les options qui s’offrent à eux.
Une rencontre publique pour informer et sensibiliser la population à la situation que vivent les aînés de la résidence devrait aussi avoir lieu. Une rencontre avec les élus municipaux a été demandée.
Le service de repas est maintenu assurément jusqu’au 2 septembre, date de la prochaine audience devant le TAL. Durant cette audience le juge rendra sa décision finale. Il déterminera les possibilités de poursuite ou d’arrêt du service de deux repas par jour inclus dans le bail.
« Il va vraiment falloir faire la démonstration que le service, il est essentiel dans un milieu comme ça. Ce que ça a mis en lumière, cette situation-là, c’est bien plus que juste la question de la cuisine. C’est tout le soin qu’on rend à ces personnes-là », dit Camille Chénard, fille d’une résidente.
Rentabilité
CODELO a déjà plaidé avoir des problèmes de rentabilité avec le service de cafétéria. L’organisme avait même fait valoir aux résidents et au TAL que si le service des repas n’était pas interrompu, la résidence pourrait littéralement fermer.
Dans sa décision interlocutoire du 12 mai, le juge avait souligné que « le fait que le locateur ait pu mentionner aux locataires que la résidence pourrait fermer si le service de repas devait être rétabli n’impressionne pas le Tribunal ».
Il s’interrogeait aussi sur la gestion de Vents et marées.
« La preuve ne démontre pas l’état des finances du locateur dans sa globalité. Un service peut être déficitaire, mais l’exploitation globale, non », est-il écrit. « La preuve démontre également que le locateur n’a pas augmenté les loyers d’année en année, de manière la plus efficiente et qu’il a exclu d’augmenter le coût des services de repas. Le Tribunal y voit prima facie un problème de mauvaise gestion au cours des années ».
La direction générale de CODELO et son président, Guy Berthe, n’ont pas donné suite à nos demandes d’entrevues.
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