Le Cégep de Sept-Îles élaborera une approche innovante d’inspection des quais portuaires nordiques qui combine les drones sous-marins, la photogrammétrie, l’imagerie par sonar et l’intelligence artificielle.
La Société du Plan Nord a récemment annoncé l’octroi d’une subvention de 100 000 $ au Cégep de Sept-Îles pour ce projet d’inspection sous-marine.
« Les inspections traditionnelles sont effectuées par des plongeurs », explique Laurent Ferrier, directeur de la recherche et de l’innovation au Cégep de Sept-Îles. « Il y a donc des risques associés à ces activités, et généralement on remarque que les données collectées sont imprécises. »
Souhaitant explorer cette réalité qui est présente dans l’ensemble des ports de la Côte-Nord, le Cégep de Sept-Îles a développé un projet de recherche avec le Mila, Institut québécois d’intelligence artificielle basé à Montréal. « On est d’ailleurs les premiers en région à avoir reçu un stagiaire de l’institut », souligne M. Ferrier.
Rappelons que le Cégep de Sept-Îles a reçu une subvention de 2,2 M$ en 2025 pour un projet de recherche appliquée en milieu nordique visant à faire des inspections dans des environnements isolés.
Ce financement devait permettre à l’organisation de « doter les unités de recherche du Cégep de plateformes robotiques aériennes, sous-marines et terrestres de pointe, appuyés par des systèmes de télécommunication avancés, afin de réaliser des inspections industrielles dans des environnements nordiques contraints et isolés », expliquait par communiqué l’établissement d’enseignement.
« Notre objectif est maintenant d’arriver à faire la géolocalisation précise des défauts sur les installations portuaires et d’évaluer leurs criticités », continue M. Ferrier. « En utilisant la technologie du sonar, on va pouvoir composer avec la turbidité des eaux que l’on connaît ici. […] L’intérêt de la solution qu’on développe est de pouvoir opérer dans des eaux qui sont troubles toute l’année. »
L’organisation a aussi procédé récemment à l’achat d’un drone sous-marin spécialisé d’une valeur de 192 000 $. D’origine canadienne, ce nouvel équipement permettra à l’équipe de recherche d’obtenir une précision encore plus accrue, et d’ajouter des capteurs pour pouvoir améliorer la collecte de données.
D’autres applications
La technologie que le Cégep de Sept-Îles développe pourra aussi être employée, entre autres, pour inspecter les coques de bateau ou les bouches de déversements d’eau dans les usines.
« Nous avons aussi un projet en collaboration avec l’UQAC dans lequel nous allons reconstituer les conditions hivernales du Saint-Laurent dans une piscine intérieure, avec la glace et le frasil », dit M. Ferrier.
« L’idée est de pouvoir polluer ce basin, avec des moteurs de bateau, par exemple, et d’utiliser un drone pour collecter de l’information et de développer des algorithmes pour pouvoir prédire et modéliser la pollution dans l’eau. »
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