Neuf personnes ont récemment pris part au projet Tipatshimu, à Maliotenam, qui avait pour objectif la mise en valeur et la sauvegarde des traditions orales.
Du 6 au 11 juillet, le Centre culturel Tshissenitamun Mitshuap a présenté une résidence de formation-création en tradition orale.
Le projet Tipatshimu a pris racine dans la tête de Katia Rock, animatrice et formatrice au Centre culturel Tshissenitamun Mitshuap.
Voyant une pénurie de conteurs autochtones dans les festivals de contes du Québec, Mme Rock, qui travaille à la transmission du savoir, a eu l’idée d’offrir une formation sur la création et la production de contes.
« Le conte, chez nous, ce n’est pas un spectacle. C’est une transmission de savoir qu’on enseigne aux enfants. Je propose aux gens de venir suivre cette formation-là pour comprendre de quelle façon ça fonctionne un peu au niveau du conte. Pour, après ça, les inviter et les amener dans des festivals de contes », dit Katia Rock.
Samedi dernier, à la suite de la semaine de formation, les participants, cinq autochtones et trois allochtones de la région, ont présenté sur la scène du Centre ce qu’ils ont appris et créé durant leur résidence de création.
« Mon rêve, c’est de me promener avec ces gens-là pour leur faire découvrir comment c’est l’fun d’aller dans un festival de contes », dit Katia Rock.
Le formateur que Mme Rock a choisi est le Baie-Comois d’origine Jérome Bérubé, conteur et auteur. Pour M. Bérubé, l’intérêt du public est encore bel et bien vivant pour les contes.
« C’est la rencontre. Le conte, c’est une personne qui parle à une autre personne. C’est une rencontre de vivants. (…) Les gens ne vont pas nécessairement avoir le réflexe d’aller voir un spectacle de contes, mais lorsqu’ils arrivent dans la salle et qu’ils vivent l’espèce de grand rêve éveillé, une seule personne qui raconte, il peut y avoir cent personnes qui écoutent l’histoire et qui sont en train de voir la même chose dans leur tête », dit Jérome Bérubé, conteur depuis 17 ans.
Pour lui, la rencontre humaine qui se crée avec les contes est une façon d’ajouter de l’humanité à notre quotidien, surtout dans une époque où les gens utilisent grandement la technologie pour se divertir.
Les participants ont eu l’occasion d’apprendre à structurer une histoire, connaître les différentes sortes de contes, les différents types de littérature orale et comment retenir une histoire dans leur tête. Jérome Bérubé explique qu’il n’y a pas d’école pour devenir conteur et que chaque conteur arrive avec un bagage différent.
« Il y en a qui étaient des improvisateurs et ils ont amené leurs outils d’improvisation. Il y en a qui chantaient, ils ont amené leurs outils de chant ou de danse. Ou des animateurs de camps de vacances. (…) Tous les outils qu’on a dans notre boîte à outils sont bons », dit M. Bérubé.
Katia Rock n’exclut pas de présenter à nouveau la formation dans le futur. En attendant, deux autres formations d’une semaine sont prévues. Du 10 au 15 août, le Centre Culturel Tshissenitamun Mitshuap proposera la formation Création, réalisation et production de court-métrage avec la formatrice Virginie Lamontagne puis du 28 septembre au 3 octobre c’est la formation Enregistrement sonore qui sera présentée par Robin Servant.

Les formations sont offertes en collaboration avec Culture Côte-Nord. Tous les détails sont disponibles sur le site web de l’organisme.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.