ITUM obtient son autonomie pour la protection de sa jeunesse
Photo de gauche à droite : À la table : Anouk Vollant, Directrice Tshisheuatishitau ; Mandy Gull-Masty, ministre de Services aux Autochtones Canada ; Jonathan Shetush, Chef, Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam ; Lionel Carmant, ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l’itinérance ; Ian Lafrenière, vice-premier ministre, ministre de la Sécurité intérieure et ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit ; accompagnés des élus d’ITUM ; de Kateri Champagne Jourdain, ministre des Ressources naturelles et des Forêts et députée de Duplessis ; et de plusieurs enfants de la communauté. Photo jean-phillip grenier
Le Conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) a signé un accord vendredi avec les deux paliers de gouvernement qui lui donnera pleine autorité en matière des services à l’enfance et à la famille.
Voilà de nombreuses années que la communauté travaille à développer la Loi Tshisheuatishitau. Elle prévoit un régime de gouvernance propre aux Innus de Uashat mak Mani-utenam, venant remplacer la loi provinciale, soit la Loi sur la protection de la jeunesse. C’est donc dire que les dossiers de la Direction de la protection de la jeunesse du Québec (DPJ) seront transférés à la communauté qui en sera responsable. C’est le 14 septembre que la nouvelle loi entrera en vigueur.
« Pendant trop longtemps, des décisions importantes pour vos enfants ont été prises par Ottawa et par Québec. Aujourd’hui, la décision vous revient », a déclaré Mandy Gull-Masty, ministre des Services aux Autochtones Canada.
L’accord prévoit également un montant de 137 M$ du gouvernement du Canada pour qu’ITUM puisse mettre en place les nouveaux services.
La loi Tshisheuatishitau privilégie la prévention, les approches culturellement adaptées, la transmission des savoirs innus ainsi que la participation des familles, par des institutions décisionnelles comme les Cercles de famille. Elle permet que les décisions relatives au bien-être des enfants soient désormais prises par et pour la communauté, dans le respect de ses coutumes, de sa langue et de ses valeurs.
« C’est une façon pour nous de s’assurer que nos enfants ne soient plus éloignés de leur identité, de leur langue, de leur famille et de leur communauté », affirme le chef de Uashat mak Mani-utenam, Jonathan Shetush.
Pour les deux gouvernements, il s’agit d’un fait que c’est la communauté qui est la mieux placée pour gérer les services à l’enfance et à la famille.
« Quand les Premières Nations dirigent leurs services, les résultats sont meilleurs. Les enfants vont mieux et plus important, ils restent proche de leur famille, leur culture et de leur identité », déclare Mme Gull-Masty.
« Les Premières Nations sont les mieux placées pour s’occuper de leurs enfants. Ce que nous posons aujourd’hui avec Uashat mak Mani-utenam, c’est un geste concret fondé sur la confiance et le respect », déclare pour sa part Ian Lafrenière, vice-premier ministre du Québec, ministre de la Sécurité intérieure et ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuits.
Un moment historique
Il s’agit de la première fois qu’un tel accord est signé par une communauté autochtone au Québec. Le chef Jonathan Shetush a parlé d’un moment historique pour Uashat mak Mani-utenam.
« Pour nous, ce n’est pas seulement une démarche administrative. C’est une affirmation de qui nous sommes. Une autodétermination enfin respectée », affirme le chef.
La cérémonie de signature s’est déroulée au Centre culturel de Mani-utenam, en présence des membres de la communauté. L’événement a été marqué par une cérémonie traditionnelle, comprenant des chants, le son du tambour et d’un Makusham.
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